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#COP 21 : l’appel des Cardinaux, patriarches et évêques du monde

mercredi 28 octobre 2015, par SIGNIS

Paris, Bruxelles, 28 octobre 2015 (SIGNIS/Eglise Catholique). Le 26 octobre 2015, depuis la Cité du Vatican, des Cardinaux, des Patriarches et des Évêques du monde entier représentant les groupements continentaux des conférences épiscopales nationales ont lancé un appel aux négociateurs de la COP21 à Paris afin qu’ils œuvrent à l’adoption d’un accord sur le climat équitable, juridiquement contraignant et synonyme de véritable transformation.

« En tant que représentants de l’Église catholique des cinq continents, nous, Cardinaux, Patriarches et Évêques, réunis à l’invitation de la Secrétairerie d’État du Vatican et nous exprimant en notre nom et en celui des populations dont nous avons la charge, formons le vœu que les négociations de la COP21 à Paris déboucheront sur un accord équitable et juridiquement contraignant sur le climat. Nous formulons une proposition politique en dix points, fondée sur l’expérience des populations des cinq continents et faisant le lien entre le changement climatique et l’injustice sociale et l’exclusion sociale dont sont victimes nos concitoyens les plus pauvres et les plus vulnérables.

Nos dix appels :

  • Garder à l’esprit non seulement les dimensions technique mais aussi et surtout éthique et morale du changement climatique comme stipulé à l’article 3 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
  • Reconnaître que le climat et l’atmosphère sont des biens communs mondiaux qui appartiennent à tout le monde et sont destinés à tout le monde.
  • Adopter un accord mondial transformationnel et juridiquement contraignant qui s’appuie sur notre vision du monde, laquelle reconnaît la nécessité de vivre en harmonie avec la nature et de garantir la jouissance des droits humains pour tous, y compris ceux des populations autochtones, des femmes, des jeunes et des travailleurs.
  • Limiter fortement la hausse de la température planétaire et fixer un objectif pour la décarbonisation complète d’ici 2050, de manière à protéger des effets du changement climatique les familles qui sont en première ligne, notamment celles qui vivent dans les îles du Pacifique et sur les régions côtières : Veiller à ce que le seuil de température soit inscrit dans un accord mondial juridiquement contraignant, assorti d’engagements et de mesures d’atténuation par tous les pays, lesquels reconnaissent leur responsabilité commune mais différenciée et leurs capacités respectives sur la base de l’équité, de leurs responsabilités historiques et du droit à un développement durable ; Veiller à ce que les trajectoires d’émissions des gouvernements soient conformes à l’objectif de décarbonisation et imposer des revues périodiques des engagements et des ambitions, sur la base de l’équité et de données scientifiques. Pour être fructueuses, ces revues périodiques doivent être obligatoires.
  • Élaborer de nouveaux modèles de développement et de nouveaux modes de vie compatibles avec le climat ; s’atteler aux inégalités et sortir les gens de la pauvreté. L’idée centrale est de mettre un terme à l’ère des combustibles fossiles, de faire progressivement disparaître les émissions produites par les combustibles fossiles et d’offrir à tout un chacun l’accès à une énergie renouvelable, saine, fiable et à un prix abordable.
  • Assurer l’accès des populations à l’eau et à la terre pour avoir des systèmes alimentaires résilients et durables, qui donnent la priorité aux solutions trouvées par les personnes plutôt qu’au profit.
  • Garantir la participation et l’implication des populations les plus pauvres, les plus vulnérables et les plus touchées, à tous les niveaux du processus décisionnel.
  • Veiller à ce que l’accord de 2015 enclenche une démarche d’adaptation qui réponde de manière adéquate aux besoins immédiats des communautés les plus vulnérables et qui consolide les alternatives locales.
  • Reconnaître que les besoins d’adaptation dépendent de la réussite des mesures d’atténuation qui sont prises. Il incombe aux responsables du changement climatique d’aider les plus vulnérables à s’adapter et à gérer les pertes et les préjudices et de partager la technologie et le savoir-faire nécessaires.
  • Établir des feuilles de routes précises indiquant comment les pays vont pouvoir tenir leurs engagements financiers additionnels, prévisibles et consistants, en trouvant un financement équilibré entre les mesures d’atténuation et les besoins d’adaptation.

Pour en savoir plus.

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