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Le film libanais « Waynon » aux Oscars 2016, ou lorsque la Culture célèbre la Mémoire

mercredi 4 novembre 2015, par SIGNIS

Bruxelles, Beyrouth, 4 novembre 2015 (SIGNIS/ Libnanews). Pour la deuxième fois consécutive, le ministre de la culture Raymond Arayji a nommé un des films du scénariste et acteur libanais Georges Khabbaz pour représenter le Liban aux Oscars 2016.

Après «  Ghadi  » en 2014, «  Waynon ?  » (Où sont-ils ?) touche un dossier épineux dans l’histoire du Liban : les Libanais portés disparus durant la guerre civile libanaise, et dont le sort demeure jusqu’à cet instant, inconnu.

Waynon ? raconte l’histoire de six femmes de trois générations différentes. Chacune d’entre elles attend le retour de l’homme de sa vie, disparu dans les méandres d’une guerre fratricide au pays des cèdres. Cet homme, c’est le mari, le frère, ou le père. A l’aube d’une manifestation à Beyrouth afin de maintenir le flambeau de leur cause allumé, leurs plaies semblent être toujours ouvertes… Ces six femmes sont interprétées par Carol Abboud, Latifé Moultaka, Takla Chamoun, Diamand Bou Abboud, Carmen Lebbos et Nada Bou Farhat.

Ce film, qui s’articule en sept temps, est dirigé par sept metteurs en scènes, de l’université de Notre-Dame de Louaizé : Naji Bechara, Jad Beiruty, Zeina Makki, Tarek Korkomaz, Christelle Ighniades, Maria Abdl Karim et Salim Habr.

Ce choix et cette initiative pris par le ministre de la Culture sont remarquables, en élevant cette cause trop souvent étouffée et passée sous silence par les divers leaders politiques qui ont pris part à la guerre et qui ont maintenu leurs places dans la scène politique de l’après-guerre. Braquer les projecteurs sur cette cause, est un véritable devoir de Mémoire qu’il ne faudrait jamais omettre.

D’ailleurs, un peuple qui n’a pas de Mémoire, ne peut avoir d’avenir, et c’est pour avoir tu les réelles causes nationales au Liban, que l’injustice et la corruption ont atteint les plus hauts faîtes. Encore est-il souhaitable que la Mémoire du pays qui a été effacée de force à coups de destructions arbitraires et de magouilles mafieuses soit à son tour remise en valeur, et que des comptes soient réclamés aux coupables. Une autre initiative très souhaitable de la part du Ministère de la Culture au sein de la Direction Générale des Antiquités, même si elle s’avère quasi impossible… Y aurait-il un éveil un de ces jours sur ce plan-là ? A méditer

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