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Spotlight n’est pas un film anti-catholique

vendredi 4 mars 2016, par SIGNIS

Boston, Bruxelles, 4 mars 2016 (RV/SIGNIS) Dimanche dernier, c’est le film Spotlight de Tom McCarthy qui a remporté l’Oscar du meilleur film. Ce film raconte l’enquête d’une équipe du Boston Globe qui a mis à jour les cas d’abus sur mineurs commis par des prêtres du diocèse de Boston.

Si ce film peut choquer certains catholiques, Sean O’Malley, archevêque de Boston et président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs a déclaré que Spotlight était « Un film important pour tous ceux qui ont été frappés par la tragédie des abus perpétrés par le clergé ». Depuis la démission de l’archevêque de Boston de l’époque O’Malley « mène depuis une politique de tolérance zéro qui a permis de redonner progressivement une crédibilité à l’Église, même si toutes les blessures ne sont pas guéries » peut-on lire sur Radio Vatican.

O’Malley ajoute : « En racontant d’une façon détaillée l’histoire de cette crise, les médias ont poussé l’Église à reconnaître les crimes et les péchés commis par ses membres et à affronter ses faiblesses, le dommage causé aux victimes et à leurs familles, les exigences des survivants ». « Dans une démocratie comme la nôtre, le journalisme est essentiel à notre mode de vie » parce que « le rôle des médias dans la mise en lumière des cas d’abus a ouvert une porte que l’Église a traversé pour répondre aux besoins des survivants. ».

Il rappelle également que « protéger les enfants, et assister les victimes et leurs familles » doit être une priorité de la vie de l’Église. Il évoque également les programmes mis en place par l’Église afin d’éviter que ces événements ne se reproduisent, notamment, « les programmes éducatifs sur la protection des mineurs, l’obligation de vérifier les précédents, des signalements et de la collaboration avec les autorités civiles pour ceux qui sont accusés d’abus, le soin et le soutien pour les victimes et leurs familles ».

Enfin, il conclut en disant qu’il faut continuer « à demander pardon pour tous ceux qui ont été blessés par la tragédie des abus sexuels commis par certains membres du clergé, et prions pour que, chaque jour, le Seigneur nous guide sur le chemin de la guérison et du renouveau ».

Lucetta Scaraffia, éditorialiste de L’Osservatore Romano, a également reconnu l’utilité du film : « les prédateurs ne portent pas forcément l’habit ecclésiastique et la pédophilie ne dérive pas nécessairement du vœu de chasteté. Mais il est désormais clair que, dans l’Église, trop de gens se sont plus préoccupés de l’image de l’institution que de la gravité de l’acte ». « Tout cela ne peut justifier la faute gravissime de celui qui, représentant de Dieu, se sert de cette autorité pour abuser d’innocents : c’est bien raconté dans le film », estime la journaliste. Elle ajoute : « le film convainc par sa trame. Et n’est pas un film anticatholique ».

Lors du festival de Venise, le jury SIGNIS a écrit une déclaration sur le film. Vous pouvez la lire ici.

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