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007 Spectre

samedi 21 novembre 2015, par SIGNIS France

(De Sam Mendes. Royaume-Uni/Etats-Unis, 2015, 2h30)

Lyon, 11 novembre 2015 (Blandine Salles) - Sam Mendes signe un Bond en deçà du précédent opus, Skyfall, mais qui reste malgré tout d’un excellent cru s’inscrivant parfaitement dans la tradition de la saga.

Dans la continuité de Skyfall, dont le dénouement ramenait Bond sur les lieux de son enfance, 007 Spectre opère un retour vers le passé : celui des personnages Bond, Mr White, Madeleine, Blofeld ; mais également un retour sur la propre saga Bond. Ainsi, l’ennemi à combattre est l’organisation Spectre, avec à sa tête Ernst Stavo Blofeld (accompagné comme toujours de son chat blanc), présente depuis le premier film, James Bond contre Dr No. Le bras droit de Blofeld et deuxième ’méchant’ de ce film, Mr Hinx n’est pas sans rappeler le personnage culte de Requin : tous deux sont des grosses brutes, tueurs sans pitié.
Le générique lui-même ira jusqu’à reprendre les détails des précédents : les James Bond Girls devant des flammes de Vivre et laisser mourir et Goldeneye, les tirs de pistolet et les jeux de cartes de Casino Royale

Si l’enjeu du film est simple, l’organisation organise des attentats et Bond doit les en empêcher, il permet de faire surgir des réflexions et questionnements intéressants. Ainsi, M et le MI6 refusent l’idée d’un regroupement des données de sécurité intérieure et extérieure de plusieurs pays, contrôlés par une équipe d’une dizaine de personnes. Ils s’opposent donc à C, nouveau venu, pour qui la sécurité est plus importante que tout (la liberté, l’appréciation humaine des situations de conflits). La thématique n’aura jamais aussi bien collé à l’actualité en cette année 2015. Concernant Bond, l’enjeu majeur de ce film est de savoir s’il est capable d’endurer d’autres pertes et souffrances pour accomplir ses missions, ou non. Après la chute de l’espion (Skyfall), la rédemption ?

Mendes met donc sa caméra au service d’une tradition bondienne tout en s’amusant des clichés émanant de la saga. Ainsi, dans la séquence d’ouverture, Bond survit à des tirs de balles (classique), puis à un immeuble qui s’effondre et donc à une chute mortelle grâce à un canapé, sur lequel il atterri miraculeusement sans aucune égratignures. Nous retrouvons donc un Bond sans gadget hormis une montre qui explose, et un siège éjectable (à l’instar de Sean Connery et son jetpack dans Opération Tonnerre) permettant à notre espion d’échapper à une mort certaine.
Sam Mendes nous offre de beaux moments de cinéma à travers de nombreuses courses-poursuites, essence des films Bond, notamment une superbe course en montagne où Bond a l’originalité de se déplacer en avion, clin d’œil de plus aux précédente opus (George Lazenby innovait en fuyant ses poursuivants à ski).

Concernant les James Bond Girls, 007 Spectre ne respecte pas tout à fait le mythe, puisqu’il nous présente des femmes dotées de personnalité, de force, de courage. Tout sauf des bimbos inutiles habituelles. Ainsi, Monneypenny prend des initiatives pour sauver Bond, et désobéit donc aux ordres, tandis que Madeleine Swann devient la James Bond girl la plus badass de la saga en se payant le luxe de se battre, se prendre une déculottée (un peu rapide certes) mais revenir malgré tout dans le combat, sauver Bond puis le quitter, en parfaite femme libre et indépendante qu’elle est.
Malheureusement, Spectre nous présente également une Monica Bellucci, certes très en beauté malgré ses 50 ans, mais fade et inutile dans une séquence non seulement sans intérêt mais débordante de niaiserie et de clichés.

Au rang de quelques déceptions de ce film, nous pouvons ajouter la séquence finale qui aurait pu être plus travaillée. Après deux heures à poursuivre son ennemi juré, Bond en vient à bout en deux temps trois mouvements et une dizaine de balles tirées sur un hélicoptère. En revanche, si le dénouement de cette poursuite en décevra certains, elle a le mérite de proposer quelque chose de nouveau et d’amorcer une nouvelle ère dans la saga en montrant un Bond choisir une voix qu’on ne lui connaît pas, ou peu.

Blandine Salles

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