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American Honey (mention spéciale prix oecuménique Cannes 2016)

mercredi 8 février 2017, par SIGNIS France

(d’Andrea Arnold. Royaume-Uni/Etats-Unis, 2016, 2h43. Compétition officielle Festival de Cannes 2016, prix du jury et mention spéciale du prix du jury œcuménique.)

8 février 2017 (Cindy Mollaret) – Un road movie initiatique, au rythme effréné, au travers des gisements de pétrole et d’une Amérique aux vastes étendues.

Comme dans Fish Tank (2009) et son court-métrage WASP (2003), Andrea Arnold dresse le portrait d’une jeune femme face à son désir. Désir de s’émanciper, de quitter une famille dysfonctionnelle, de s’élever socialement, de se confronter à une figure masculine, désir d’une liberté que seule l’Amérique semble pouvoir offrir. Il est question d’espace et de temps derrière l’histoire d’amour. Un espace illimité que voudraient conquérir ces jeunes survoltés dont la fougue et l’énergie sont telles, qu’elles se logent chez le spectateur.

Un espace que le choix du format 1:37:1, carré, amenuise, nous confrontant aux limites de cette quête liée à l’enrichissement. Un espace réduit, celui d’un habitacle qui contient les pulsions éparses et morcelées d’une jeunesse élevée au rap US. Un rapport au temps différent, où la répétition des mêmes comportements génère la vente de magazines dont ils ont la charge. Alors que tous la rejettent, c’est la stabilité, la vie quotidienne qui sont interrogées.

Avec un prénom qui la place auprès des étoiles, plus que vers la médiocrité, Stella est perçue comme étant différente. L’intégration à un groupe, le passage à l’âge adulte, la découverte du désir et de l’amour, la difficulté de ne pas se soumettre à la majorité, la possibilité de permettre à chacun de s’élever, c’est ce qu’il y a derrière les cris et les refrains entonnés tous ensemble.

Il y a la beauté du monde vivant, une attention particulière aux couleurs que le ciel renvoie, il y a l’organique et le sensoriel, l’eau, le vent, le feu... Il y a cette figure du papillon qui revient plusieurs fois, promesse que le cocon s’ouvrira, que la chrysalide se transformera, prémisse de l’élan permettant de s’élancer seul sur le chemin qu’est la vie. L’un des quatre éléments offre une très belle note d’espoir en clôturant la scène finale.

Au Festival de Cannes 2016 où le film d’Andrea Arnold était en compétition officielle, il a reçu le prix du jury et les membres du jury œcuménique lui ont décerné une mention spéciale.

Cindy Mollaret

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