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Anina

jeudi 1er octobre 2015, par SIGNIS France

(d’Alfredo Soderguit. Uruguay, 2013, 1h18. Sortie en France le 30 septembre 2015.)

Lyon, 30 septembre 2015 (Magali Van Reeth) – Un très beau film d’animation où les peurs d’une écolière, celles que ressentent tous les écoliers, sont mis en images avec un graphisme original et raffiné.

C’est l’hiver dans l’hémisphère sud et la pluie tombe à grosses gouttes sur le car qui ramène Anina chez elle. Tous les passagers portent écharpes et bonnets et il y a de la buée sur les vitres, comme il y a de la buée dans son cœur. A l’école, Anina a fait une grosse bêtise et appréhende la réaction de ses parents. Tous ceux qui ont été enfant un jour se souviennent de ces moments extrêmement désagréables où on ne sait comment les adultes vont réagir et où on imagine le pire...

Anina imagine le pire. Elle s’est disputée avec une camarade dans la cour de récréation, parce qu’elle n’aime pas qu’on se moque d’elle, de son prénom et de son nom de famille qui sont un triple palindrome : Anina Yatay Salas. Avec un dessin poétique, dans des tons grisés où transparaît la matière, le réalisateur uruguayen Alfredo Soderguit déroule le récit dans un univers très ordinaire. L’école, la maison, les maîtresses, les copains, les parents, comme on en trouve partout à travers le monde. Mais parce qu’Anina est inquiète, les objets les plus ordinaires deviennent inquiétants, comme la fermeture à glissière d’un sac à dos où poussent soudain des dents longues et pointues. Les bruits des objets usuels, le tic-tac de l’horloge du bureau de la directrice, l’huile de friture des beignets dans la cuisine, le bruissement du rideau de lamelles plastique chez l’épicier, tout est occasion de sursauter, de renforcer l’inquiétude. Les nuits sont envahies de cauchemars.

Avec septembre arrive avec le printemps, les premières fleurs aux branches des arbres et les angoisses d’Anina s’estompent enfin. Les grosses terreurs étaient juste de mauvais moments à passer et, une fois réconciliée avec son ennemie d’hier, elle peut poser un regard paisible sur son entourage. Alternant les moments de calme avec les terreurs enfantines, le réalisateur sait garder une belle ligne graphique, élégante et originale. La richesse du dessin et de la mise en scène touche tous les spectateurs à travers les émotions complexes d’Anina. Une belle réussite, à partir de 6 ans pour ceux qui ne sont pas trop impressionnés par la représentation des cauchemars...

Magali Van Reeth

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