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Anomalisa

lundi 15 février 2016, par SIGNIS France

(de Charlie Kaufman et Duke Johnson. Etats-Unis, 2014, 1h30)

Lyon, 15 février 2016 (Cindy Mollaret) - Ce film d’animation pour adultes, dont l’esthétique très originale des personnages et des décors les rend à la fois familiers et étranges, parle de nos désirs et de nos insatisfactions permanentes.

On pense aux sculptures de Ron Mueck en découvrant les personnages de ce superbe film d’animation. Se souvenir de la définition de "stop motion" en les voyant prendre vie, pour que chaque scène nous émerveille davantage encore. Cette admonition va de pair avec celle liée au générique : aucun spectateur ne devrait jamais quitter la salle avant qu’elle ne se rallume. "None of them are you"... la dernière chanson répond à l’interrogation liée au choix d’une voix unique. Comme tous ces regards bleus que rencontrent les seuls êtres ayant les yeux verts et marrons. Michael Stone en voyage d’affaire, et Lisa, venue l’écouter parler de son best-seller "Comment puis-je vous aider à les aider ?"

"C’est quoi être humain ? Etre vivant ? N’oubliez jamais que chacun a une enfance (...) besoin d’amour (...) voyez ce qui est unique en chacun." Un galimatias, le propos de cet auteur ? Non, quelques vérités qui se logent dans la nature fracturée de ces marionnettes.

"Je sens que je suis une anomalie." C’est peut-être la scène la plus belle, ce début de relation amoureuse dans une chambre d’hôtel. Si on vibre si fort en entendant la reprise de Cyndi Lauper, c’est parce qu’on a soudainement accès à un monde qu’on ne soupçonnait pas, à travers la voix de cette jeune femme timide. On voudrait l’écouter à nouveau, et la voir encore cacher son visage derrière ses cheveux. "Je vous trouve extraordinaire." Ce serait cela l’amour. Découvrir ce qu’il y a d’unique en l’autre et le célébrer, ne serait-ce que le temps d’un film.

Fregoli. Un indice pour comprendre que la forme qu’a choisi le scénariste du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind et Dans la peau de John Malkovich pour raconter cette histoire, mérite largement nos blandices.

Cindy Mollaret

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