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Bref manuel de libération

vendredi 6 mai 2016, par SIGNIS

Nyon, 6 mai 2016 (Laurence Villoz). Privées de leurs droits civiques, des jeunes femmes russes sont internées en institut neuropsychiatrique, sans véritables raisons. Lauréat du prix interreligieux au festival Visions du réel, « Bref manuel de libération » raconte leur combat pour retrouver la liberté.

Après avoir passé leur enfance dans un orphelinat, Yulia et Katia ont été privées de leurs droits civiques et directement placées à l’âge de 18 ans dans l’internat neuropsychiatrique de Tinskaya, en Sibérie. Dans cet établissement, des personnes de tout horizon sont réunies : des handicapés mentaux, des personnes atteintes de maladies psychiques et des jeunes femmes comme Yulia et Katia qui semblent y avoir été internées sans véritables raisons. Le documentaire Bref manuel de libération, sorti en 2016, raconte leur combat pour retrouver leurs droits face à l’écrasante bureaucratie institutionnelle russe.

Lauréat du prix interreligieux du festival international Visions du réel qui s’est déroulé du 15 au 23 avril à Nyon, ce long-métrage français réalisé par le cinéaste russe Alexander Kuznetsov plonge le spectateur dans le quotidien de ces jeunes femmes luttant pour retrouver leur liberté. En filigrane du quotidien des pensionnaires, la question du sens de la vie revient sans cesse : « Pourquoi ma mère n’a-t-elle pas avorté ? N’importe qui dans ma situation se serait déjà suicidée », s’interroge Katia qui a été abandonnée par sa famille.

Trouver la bonne distance

« Bref manuel de libération nous a touchés, car il met en évidence le courage, la persévérance ainsi qu’une magnifique dimension de solidarité entre les différents protagonistes. Par ailleurs, le cinéaste a trouvé la bonne distance qui permet au spectateur d’entrer dans l’histoire et d’exprimer de l’empathie pour les personnages », explique le pasteur Pierre Marguerat, président du jury interreligieux à Visions du réel.
Bien que le jury soit interreligieux, il ne choisit pas forcément des films à thématiques explicitement religieuses. « C’est l’expérience humaine qui nous intéresse », précise Pierre Marguerat.

Composé de quatre personnes, le jury représente les trois grandes religions monothéistes et décerne un prix de 5.000 francs. En 2016, ces membres étaient : le producteur et réalisateur suisse Nasser Bakhti délégué pour la communauté musulmane, le directeur de festival Alan Foale du Royaume-Uni pour catholiques, Ilaria Piperno, conseillère de maison d’édition et traductrice littéraire italienne pour la communauté israélite ainsi que le pasteur Pierre Marguerat.

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