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Brodeuses

mercredi 13 octobre 2004, par SIGNIS France

(d’Eléonore Faucher. France, 2003, 1h28. Grand prix de la Semaine de la critique, Cannes 2004. Prix Michel d’Ornano.)

Lyon, 13 octobre 2004 (Magali Van Reeth) - Travaux d’aiguilles. S’il faut de la minutie, de la patience et de l’intelligence pour broder une étole, un voile de mariée ou une simple serviette, que faut-il pour tisser des liens avec ceux qui nous entourent ? Peut-on réparer les accrocs d’une toile comme on répare ceux que le destin fait dans nos vies ?

Avec Brodeuses, la très jeune réalisatrice française Eléonore Faucher tisse, pour son premier long métrage, un chef d’œuvre. Avec de la finesse, de la subtilité, un peu de mystère et beaucoup de talent.

A travers la relation que nouent Claire, une très jeune future maman qui n’ose pas accepter son enfant, et madame Melikian, une femme mûre qui vient de perdre son fils dans un accident de moto, c’est le travail de deuil et de reconstruction de quelques personnages qui fait la trame du film. Habitant dans un petit village rural où tout le monde se connaît, il n’est pas plus facile d’être jeune que de vouloir quitter une vie devenue trop douloureuse. Encore moins d’ignorer ce dont tout le monde parle à la boulangerie. Sous prétexte de broderie et de commandes à honorer, les deux femmes vont découvrir qu’elles sont indispensables pour quelqu’un. Entre maladresse et non-dit, les personnages du film voguent dans la vie qui ressurgit toujours.

Sur un sujet à la fois délicat et très ordinaire - les relations entre les gens - Eléonore Faucher trouve un ton juste et personnel. Dans les images dont les couleurs sont choisies avec soin, de la chevelure flamboyante de Claire aux tons doux et glacés de l’automne humide à la campagne. Mais aussi dans le jeu des personnages, que les actrices Lola Naymark et Ariane Ascaride portent avec grâce, et le scénario très achevé. Brodeuses est un film qui à beaucoup à dire mais qui ne dit pas tout et laisse à penser au spectateur. Une très belle réussite, où l’élégance des images et des émotions se mêle intimement à l’écriture très personnelle de la réalisatrice.

Magali Van Reeth

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