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Comment c’est loin

mercredi 9 décembre 2015, par SIGNIS France

(d’Orelsan, France, 2015, 1h30)

Lyon, 9 décembre 2015 (Antoine Paoli) – Deux adultes, plutôt trentenaires, errent dans la vie, à la recherche du rap qu’ils doivent écrire. Leur errance sera leur planche de salut.

Le premier film du rappeur Orelsan ne manque pas de charme. Le film est centré sur les dialogues qui ne manquent pas de sel, voire de finesse. L’intelligence, derrière des propos souvent outranciers, se traduit à la fin du film par un beau morceau de rap : "inachevé".

Il s’agit plutôt de dialogues filmés, mais pourquoi pas, le cinéma s’est aussi façonné ainsi. Ce qui frappe c’est l’humanité des protagonistes : Orelsan et son complice Gringe sont touchants à se chercher ainsi. Cela ne se passe pas dans le milieu officiel du rap mais dans la banlieue pavillonnaire, où les enfants restent chez leur parents jusqu’à plus d’âge. Ils traînent ainsi du pavillon des parents au centre commercial : "comment c’est loin" ; à pied, en bus, en voiture. Tout semble imprévu, pas de plan ou que des faux : "on se casse" pourrait être l’autre titre du film. Les filles ne sont pas hystériques mais sympathiques, elles ont plutôt la tête bien faite et l’on peut se demander ce qu’elles font avec des types pareils, en particulier Orelsan qui joue un rôle d’un homme plutôt désabusé mais non sans un charisme certain. A l’inverse son comparse Gringe ne rêve que de plans culs via son smartphone, c’est le roi des baratineurs via les sms. Le cadre du film est celui d’une banlieue ennuyeuse, où tout est un peu gris et morne en dehors de quelques bars. Il faudra une date butoir pour que quelque chose débouche, comme s’il y avait une coïncidence entre une certaine maturation intérieure, la sortie de l’errance et l’écriture.

Encore une fois, il est dommage de constater qu’il n’y a pas d’adulte pour aller voir en salle Comme c’est loin : les smartphones ne sont sans doute pas la seule cause du manque de communication entre les générations...

Antoine Paoli

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