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Genius

vendredi 5 août 2016, par SIGNIS France

(de Michael Grandage. Etats-Unis/Royaume-Uni, 2016, 1h44)

Lyon, 5 août 2016 (Blandine Salles). A travers la relation liant l’écrivain à son éditeur, Genius nous fait voir les coulisses de la construction d’un chef d’œuvre littéraire, les joies et les peines pouvant traverser la vie d’un auteur.

Le film débute avec la rencontre entre l’éditeur Maxwell Perkins et l’auteur Thomas Wolfe, le premier ayant décidé de publier le tout premier livre de l’écrivain. Les deux hommes se lient très vite d’une amitié profonde et passent toutes leurs soirées à travailler sur le roman, obligés de réduire considérablement le nombre de pages. Fort du succès du premier roman, Thomas Wolfe en livre un second à Max Perkins : des milliers de pages nécessitant plusieurs cartons pour les transporter. Là encore, un travail de relecture et de censure s’engage.

La réussite de ce film réside dans l’attachement de ces personnages à l’œuvre littéraire sur laquelle ils travaillent. Se pose alors la question de la propriété de l’œuvre : l’écrivain est-il maitre de ses écrits ? L’éditeur est-il lui aussi un auteur du livre, le façonnant à l’image souhaitée des lecteurs ? Si Genius parle ici de littérature, ces questions s’appliquent à toutes les formes d’art : cinéma, photographie, peinture. À partir de quand cesse-t-on d’améliorer une œuvre à destination du grand public pour finalement la dénaturer et lui faire perdre son sens original ? Qui peut vraiment revendiquer la paternité d’une œuvre ?

A côté des deux personnages masculins principaux, leurs épouses respectives (Nicole Kidman et Laura Linney) apportent une sévérité au milieu de l’exaltation que provoque la création artistique. En effet, si Thomas Wolfe ne vit que pour écrire, et s’imprégner de la vie américaine avant de la mettre en mots, Max Perkins a compris, grâce à sa femme, que la vie se trouve au-delà d’un roman et d’aventures vécues, mais également au sein d’une famille, en éduquant et aimant chacune de ses filles.

Jude Law et Colin Firth livrent une performance parfaite, sachant retranscrire les hauts et les bas d’une amitié quasi filiale, où chaque déception est importante tant l’autre est idéalisé : comme un fils pour l’un, comme un père pour l’autre. Si la réalisation est soignée, l’absence de soin portée aux décors est regrettable. C’est sans doute voulu par le réalisateur, préférant mettre en lumière à l’écran ses quatre acteurs principaux et leur interprétation sans faille.

Blandine Salles

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