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Iqbal, l’enfant qui n’avait pas peur

lundi 29 août 2016, par SIGNIS France

(de Michel Fuzellier et Babak Payami. Italie/France, 2015, 1h20)

Lyon, 29 août 2016 (Magali Van Reeth) – Soutenu par UNICEF France, ce film d’animation dénonce le travail forcé des enfants et cherche à sensibiliser un large public, en soulevant des questions très complexes.

Le film relate l’histoire vraie d’Iqbal Masih (1983-1995), d’après l’ouvrage de Francesco d’Adamo. Obligé de travailler, dès l’âge de 4 ans au Pakistan, dans les ateliers de confection de tapis (revendus aux acheteurs occidentaux), Iqbal a été sauvé de cet esclavage, vers l’âge de 10 ans, par une association de défense des droits de l’enfant. Assassiné quelques temps après, il est devenu le symbole de la lutte contre le travail forcé des enfants.

Pour raconter aux enfants des histoires tristes, les techniques de l’animation permettent de créer une distance entre la violence de l’histoire et les spectateurs. Si Iqbal, l’enfant qui n’avait pas peur, est d’abord un film pédagogique, les réalisateurs ont su trouver le ton juste pour ne pas en faire un film déprimant. Le scénario n’oublie pas la poésie et se termine d’une façon très positive. Afin d’éviter les habituels clichés sur cette partie orientale du monde, le réalisateur Michel Fuzellier a travaillé en étroite collaboration avec le réalisateur iranien Babak Payami pour donner une portée plus universelle à cette histoire.

La partie animation est assez classique, s’appuyant sur les dessins des tapis tissés par les enfants pour basculer dans un univers onirique, plus doux, plus léger, qui permet aux jeunes travailleurs de s’évader de leur triste quotidien. Les couleurs sont vives et les décors évoquent des pays orientaux où la neige peut recouvrir le paysage et où l’eau de la mer est turquoise. Les dialogues sont en français, sans aucune référence locale, religieuse ou ethnique et tous les spectateurs peuvent donc s’identifier au personnage d’Iqbal et de ses compagnons d’infortune. On regrette que les méchants soient trop caricaturaux, donnant l’impression que la laideur physique est forcément signe de laideur morale.

Unicef France soutient ce film et souhaite l’utiliser pour sensibiliser les publics jeunes et adultes au refus du travail des enfants. Parce qu’il soulève des questions graves - esclavage, corruption, méfiance vis-à-vis des adultes et de l’autorité, violence physique, abandon – le film s’adresse à des enfants à partir de 10 ans.

Magali Van Reeth

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