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L’Empereur

jeudi 16 février 2017, par SIGNIS France

(de Luc Jacquet. France, 2016, 1h24)

16 février 2017 (Magali Van Reeth) – Passionné par l’Antarctique, Luc Jacquet ne cesse de nous alerter, avec talent, sur les étonnantes capacités d’adaptation et la fragilité des populations animales qui viennent s’y reproduire.

En 2005, on découvrait avec ravissement La Marche de l’empereur, le premier long-métrage de Luc Jacquet, qui brouillait les frontières entre la rigueur scientifique d’un documentaire animalier et la magie de la fiction pour nous faire vivre la saison de la reproduction chez les manchots empereurs. Revenu sur la banquise avec des caméras encore plus performantes, le réalisateur peut enfin filmer cette incroyable transformation où le manchot, si pataud sur la glace, si maladroit dans ses gestes, devient un nageur plein de grâce et d’aisance lorsqu’il plonge dans l’océan.

Ce documentaire, produit en partenariat avec une grande maison de production américaine, fait l’impasse sur la dramaturgie qui avait fait le succès de La Marche de l’empereur. Il n’y a plus de tension quant aux chances de survie des oeufs ou des poussins, on est dans la beauté des images : le soleil sur la glace, les grands rassemblements "en tortue" lorsque se lève le blizzard, le scintillement de l’océan, la matière incroyable des plumes qui recouvrent tout le corps de ces grands oiseaux-poissons. Les gros plans sur le noir profond de leur regard et leur souffle, qu’on peut sentir à travers une magnifique bande-son, ramène le spectateur à son animalité profonde. Comme nous, ces êtres exceptionnels ont leur place sur terre.

Accompagné discrètement par la voix de Lambert Wilson, L’Empereur célèbre les merveilles et les mystères du règne animal, tout en soulignant l’extrême fragilité. Ce que le documentaire ne dit pas, c’est la transformation de leur milieu naturel qui met fortement en danger cette population de manchots empereurs, au point d’avoir détruit à près de 95 pour cent les dernières couvées. Par la beauté et l’émotion qu’il met dans son film, Luc Jacquet montre son souhait pour un monde futur où ces empereurs seront encore présents, là-bas loin dans un monde de glace inaccessible pour l’espèce humaine mais pas indestructible par elle...

Magali Van Reeth

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