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La Résurrection du Christ

jeudi 5 mai 2016, par SIGNIS France

(de Kevin Reynolds. Etats-Unis, 2016, 1h42)

Lyon, le 4 mai 2016 après JC (Florence Desmazures) - C’est l’histoire d’un homme nommé Jésus, qui vécut en Palestine et fut exécuté sous Ponce Pilate. Ce fait est relaté dans la Bible, livre comportant un ensemble de textes considérés comme sacrés par le judaïsme et le christianisme.

Le film débute en référence à ce passage biblique : "ils le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix ; et le troisième jour il ressuscitera" (mt 20,19). Ombres et lumières alterneront, ainsi que des plans d’ensemble et de nombreux gros plans qui donnent son rythme au film. Pour dynamiser l’ensemble, la problématique est traitée comme un western. La vie du Christ n’est absolument pas évoquée, ce qui constitue la faiblesse du film où la spiritualité est absente.

Clavius , tribun militaire est chargé par Ponce Pilate de mener l’enquête pour retrouver le corps du nazaréen. Les premières images montrent un homme, un disciple, que l’on voit persécuté et qui profère une malédiction : l’ordre et la paix seront menacés dans la province que l’empereur doit visiter, si...

Le décor est planté, une province romaine avec colonnes et péristyles, uniformes militaires et toges ; tout cela très documenté et plus vrai que nature. Les soldats s engagent très vite dans l’action avec une grande habileté, en tortue, formation défensive imparable. Le ton est donné. La chasse à l’homme aboutira à la crucifixion, sous les ordres de Ponce Pilate, par Clavius qui deviendra alors la proie du doute. Pourtant il a vu la pierre scellée, rien n’a été laissé au hasard, cordes solides, cachet de cire ! Et c’est à travers le regard de ce Romain que le corps subtilisé va désormais constituer le fil rouge du film.

Puisque la résurrection est “ quelque chose qui est arrivé” le film va chercher une preuve du côté du fait, tel que le conçoivent les historiens. N’y a t-il pas là un risque redoutable de dériver vers une conception matérialiste de la résurrection ? Il s agit alors du corps, de la chose-corps. D’ailleurs les cadavres des morts de la semaine vont être déterrés, sortis des fosses, malgré l’odeur.

La recherche est vaine. Marie Madeleine propose un chemin : “Ouvre ton cœur”. Clavius ne l’entendra pas. Effectivement une écoute plus spirituelle permettrait de désigner la résurrection comme mode de vivre en ce monde présent.

Sur fond de soleil éblouissant le réveil du Christ pourrait être pris pour une réanimation du” corps-chose”, un cadavre. Peut on prouver la résurrection ? Ce serait alors prouver par le raisonnement, mis en image, que la proposition est confirmée. N’est ce pas là une idée de la résurrection qu’il sera toujours possible de déconstruire ? Isoler ainsi ce fait de résurrection peut difficilement constituer une source où notre relation à Dieu pourra être approfondie et affirmée.

Me tromper et miser l’éternité là-dessus” tel est le sentiment exprimé par le tribun romain, Clavius à la fin du film. L’acteur Joseph Fiennes nous invite à le suivre dans sa recherche. Cependant malgré l’abondance de gros plans sur son visage nous convoquant à épouser son doute, à la recherche d’une preuve de la résurrection du Christ, celui qui avait pour singularité d’exister en étroite union avec Dieu. Mais le jeu et les paroles de l’acteur restent très convenus. Tout manque de souffle... Alors en quoi ce récit filmique est-il une Bonne Nouvelle pour nous aujourd’hui ?

Florence Desmazures

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