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Le Goût des merveilles

vendredi 18 décembre 2015, par SIGNIS France

(d’Eric Besnard, France, 2015, 1h40 )

Lyon, 18 décembre 2015 (Blandine Salles) – En cette fin d’année 2015 Éric Bernard nous redonne le goût des merveilles de la douceur et de la beauté absents trop souvent de nos vies et de nos écrans.

Louise est une mère célibataire qui a repris l’activité d’arboriculture de son défunt mari. Un soir elle rencontre Pierre qu’elle manque de renverser avec sa voiture. Ainsi commence à se nouer une relation particulière entre ces deux personnages, chacun se laissant peu à peu apprivoiser par l’autre. Particulier, différents, deux adjectifs qui permettent de décrire Pierre. Si sa maladie n’est pas nommée à l’écran, on peut reconnaître dans ce personnage la présence du syndrome d’Asperger. Pierre est hypersensible, honnête (il est incapable de mentir), ordonné et sujet aux crises d’angoisse. Contre toute attente, lui qui n’apprécie pas les étrangers, va s’attacher à Louise ainsi qu’à ses deux enfants et réciproquement.

Toute la réussite de se filmer dans la justesse du propos et dans la beauté de ce qui est montré à l’écran. Les personnages secondaires sont attachants et crédibles : le "père adoptif" qui veille sur Pierre, l’ami de Louise sur qui elle peut compter, la médecin qui cherche à connaître la vérité sur l’état et les capacités de Pierre. Le Goût des merveilles est un film lumineux, à l’image de la relation entre Louise et Pierre, pleine d’espérance au-delà de la différence, de la maladie et de l’étrangeté du comportement. Nous assistons à une rencontre entre deux personnes : l’une pragmatique, en proie aux soucis du quotidien (dettes, météo destructrice de culture, adolescence de ses enfants…) et l’autre au tempérament plus rêveur, comme pour préserver une certaine pudeur et tendresse dans un monde plus violent qu’il n’y paraît. Le réalisateur, qui a tourné en Drôme Provençale, exploite à la perfection les paysages que lui fournit cette région, représentant à sa façon la beauté du monde par le biais de la nature. Le Goût des merveilles est doux et lumineux, permettant aux spectateurs de se laisser transporter là où le réalisateur nous emmène : à la rencontre de l’autre.

Blandine Salles

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