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Le Grand jeu

mercredi 16 décembre 2015, par SIGNIS France

(de Nicolas Pariset, France, 2015, 1h39. Locarno 2015)

Lyon, 16 décembre (Cindy Mollaret) - La parole comme action, les mots comme des armes, le verbe incarné dans la chair. Une poésie dans les dialogues qui aurait plu à Eric Rohmer.

Le premier long-métrage de Nicolas Pariser pourrait être une illustration de ce que sont les énoncés performatifs. Au-delà de la trame narrative relatant une affaire politique où le mensonge assoit le pouvoir, c’est la transformation de cet homme qu’interprète Melvil Poupaud, qui est d’une grande richesse. "Je venais ici pour être seul" déclare-t-il lorsque le film s’ouvre sur lui et André Dussolier.

"Ce cri de toi agira comme le vent qui frappe plus fort aux plus hauts sommets."

Citer Dante dans le livre pour lequel il joue les nègres, évoquer Foucault, laisser apparaître un ouvrage de John Steinbeck, un tableau de Turner en fond d’écran, un dessin d’Egon Schiele... Autant de plans célébrant la culture, et la certitude que les livres peuvent avoir un impact considérable sur les individus.

Ici, c’est le modèle du couple, de la société capitaliste qui est questionné. Que le réalisateur ait cité La société du spectacle de Guy Debord auquel il emprunte les derniers mots pour clore son récit, pourrait faire naitre en chacun l’envie de redécouvrir cet ouvrage qui est toujours d’une grande actualité.

L’accès à la vie dans une ferme autogérée donne une coloration au film, emprunte de nostalgie, la sensation que certains sont "à côté de la vie". Ce serait cela le fil conducteur du "grand jeu" : le parcours d’un homme qui réinvestit le monde, et dont le flot de la vie coule à nouveau en lui, avec ce qu’elle apporte d’espoir amoureux, de sourires et de vitalité.

Cindy Mollaret

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