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Le Pape François

mercredi 28 septembre 2016, par SIGNIS France

(de Beda Docampo Feijóo. Argentine/Espagne, 2016, 1h44)

28 septembre 2016 (Blandine Salles) – Ce biopic manque clairement d’une élévation spirituelle. Il a cependant le mérite de faire découvrir la vie de jeune homme, de séminariste puis de prêtre d’un “pape des pauvres” ayant le souci de chacun.

Le biopic commence non pas, comme le spectateur pourrait s’y attendre, avec le personnage de Jorge Bergoglio, mais avec une succession de plans de Buenos Aires. Quelques minutes suffisent à nous plonger dans l’atmosphère précaire et néanmoins vivante de la ville. Cette vivacité, nous la retrouvons dans la personne de François qui annonce dès son adolescence son objectif de carrière : médecin pour “sauver des vies’”. C’est finalement dans la prêtrise, après la découverte de la figure de St François d’Assises, qu’il œuvrera au service de ceux qui ont en besoin, en l’occurrence à Buenos Aires : les populations défavorisées.

Le point fort du film réside dans la présentation de l’entourage (famille, amis, environnement) de celui qui désire se faire appeler “padre Jorge” : père de tous, en particulier des plus faibles, en lutte contre ceux qui abusent du pouvoir. Le sacerdoce du padre est finalement celui de la lutte contre la corruption et la pauvreté, la dépendance à la drogue, l’intimidation par la force. De Dieu et d’une espérance de résurrection, de rédemption, il n’en est fait aucun écho, laissant place aux approximations nombreuses et aux préjugés classiques : la curie romaine fonctionne telle une mafia, éclaboussée par le scandale “Vatileaks” encore présent dans les mémoires.

Ainsi, le pape François n’apparaît pas comme le pasteur qu’il est. Les raisons de son élection sont laissées en suspens, et seul restent l’honnêteté sans faille qui l’anime et la défense de ses convictions. Sa foi n’est que peu suggérée et quasiment jamais montrée à l’écran. C’est là aussi la grande déception du film pour un public catholique averti : nous le voyons prier une fois, une seule. Sa relation au Christ (et celles des autres cardinaux et prêtres) est occultée, ses homélies ne s’appuient pas sur l’Evangile mais côtoient les meilleurs discours politiques. Le réalisateur ne déploie aucune mise en scène, aucun plan n’éblouit le spectateur. En revanche la musique est tellement présente qu’en forçant l’apparition d’émotions, elle finit par gêner et bloquer toute sensation. Celui qui aurait souhaité s’élever devra se tourner vers un autre film où la présence de Dieu peut se ressentir au moyen d’un simple mouvement de caméra.

Si le réalisateur n’a pas fait oeuvre d’art avec Le Pape François, il faut saluer l’interprétation de Dario Grandinetti, qui, en ne ressemblant aucunement à notre Pape actuel, réussit à l’incarner parfaitement, jusque dans sa démarche. Au point qu’on regretterait presque la fin du film en succession d’images documentaires avec le réel pape François.

Blandine Salles

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