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Le Petit Prince

vendredi 31 juillet 2015, par SIGNIS France

(de Mark Osborne, France, 2015, 1h46)

Lyon, 29 Juillet 2015 (Blandine Salles) - Mark Osborne relève le pari paradoxal et complexe de mettre en image (et en son) un conte dont la maxime est "l’Essentiel est invisible pour les yeux".

Dans le film, le roman que nous connaissons est mis en abyme à travers l’histoire d’une petite fille de 8 ans. Deux techniques d’animation sont utilisées. Tout d’abord la technique d’image par image (animation en papier) présente le conte en lui-même raconté par Saint-Exupéry. Pour ce qui est du "présent", la vie de notre petite fille est animée en images de synthèse, et nous assistons à sa rencontre avec son nouveau voisin : un vieux monsieur un peu fou, ancien aviateur, qui a une jolie histoire à lui raconter.

Mark Osborne met en pratique les conseils et la morale du Petit Prince en les confrontant à un monde "adulte" dans lequel évoluent notre héroïne et sa maman. Au sein de ce monde, tout est ordonné, rien ne dépasse, les voitures sont carrées, tout comme les arbres parfaitement taillés dans des lotissements où chaque maison se ressemble. Cet ordre à outrance qui régit la vie de ce duo mère-fille va se trouver chamboulé par la rencontre avec un voisin désinvolte qui a comme priorités : s’amuser, transmettre son histoire, et réparer son avion.

La transmission de l’histoire de l’aviateur à la petite fille, sa découverte du Petit Prince va faire s’affronter deux monde : celui de l’enfance et de l’innocence, et celui des adultes, monde sérieux où se côtoient professeurs et policiers, salariés vivant pour leur travail dans un univers sombre. Face à cette noirceur et cette tristesse, les séquences d’animation en papier racontant le conte apportent un souffle salvateur, avec des images d’une grande beauté, lumineuses et resplendissantes. La musique composée par Hans Zimmer et les chansons de Camille ajoutent également une touche de poésie qui permet de rapprocher véritablement le film du livre.

La force du film est qu’il ne se contente pas de raconter le conte. La deuxième partie du film permet une réflexion très actuelle, dans un univers peuplé d’accro au travail ayant oublié leur propre enfance et ses bienfaits. Comme le dit le Renard "Les hommes ont oublié cette vérité, mais toi tu ne dois pas l’oublier (...) Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé".

Blandine Salles

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