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Les chevaliers blancs

mercredi 20 janvier 2016, par SIGNIS

(de Joachim Lafosse. Belgique, 2015, 1h52.)

Bruxelles, 20 janvier 2016 (I. Verbrugge). Le nouveau film du réalisateur belge Joachim Lafosse s’inspire de l’histoire de l’ONG L’Arche de Zoé, dont les membres ont été arrêtés, en 2007, pour avoir tenté de ramener illégalement en France des orphelins du Darfour. Les objectifs et les missions des ONG ainsi que la bienveillance des humanitaires est au centre de ce film franco-belge. Il interroge le post-colonialisme de certaines de ces associations et le versant obscur des bonnes actions.

Jacques Arnault (Vincent Lindon) est le président de l’ONG « Move for kids ». Il se rend en Afrique avec une équipe de volontaires afin de sauver des orphelins de cette région en guerre. Il persuade ses interlocuteurs africains et les chefs de village qu’il va installer un orphelinat et assurer un avenir sur place à ces enfants, dissimulant l’objectif ultime de son expédition.

Au début, les membres de « Move for Kids », semblent sûrs d’eux et motivés à l’idée d’offrir des soins auprès des jeunes orphelins de la région. Cependant, on comprend vite que leur présence cache un autre but : ramener les orphelins en France afin de les faire adopter par des familles. Les intentions de l’association sont louables : sauver des enfants d’une région en guerre et leur offrir une vie plus sûre. Mais faut-il pour cela passer au-dessus des lois et des réglementations en usage ?

Le film révèle la face cachée de certaines missions dites « humanitaires ». Derrière les meilleures intentions se cachent généralement bien d’autres choses. Lafosse montre les deux faces de la question : les membres de l’association ne sont pas tous d’accord les uns avec les autres. Arnault est sûr de lui, et clame d’ailleurs qu’aucune agence d’adoption « légale » ne peut prouver l’état civil d’un enfant. D’autres volontaires, eux, ne sont plus d’accord, et décident même de rentrer en France.

En tant que spectateur, on se pose les mêmes questions : voulons-nous que l’équipe réussisse et « sauve » les enfants, au risque de les arracher des mains de leurs familles, ou préférons-nous que l’équipe échoue, et ne puisse ramener les orphelins en France ?

Lafosse a reçu la coquille d’argent de la meilleure réalisation au dernier festival de San Sebastian.

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