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Strictly Criminal

mercredi 25 novembre 2015, par SIGNIS France

(de Scott Cooper, Etats-Unis, 2015, 2h02)

Lyon, 25 novembre 2015 (Antoine Paoli) - D’après l’histoire vraie d’un criminel de Boston. Le résumé pourrait se dire ainsi : l’instigateur du Mal se laisse piéger par le représentant du Bien, ou qui se croyait tel.

La première partie du film pourrait s’appeler : "Strictly Criminal : fuck you", l’expression disparaît peu à peu et la crainte aussi de voir une série B, le fil rouge du scénario s’avère plus complexe que prévu et intéressant. Le FBI et une grosse équipe d’Irlandais ont un ennemi commun, une famille de la Mafia. Ils vont s’allier grâce au lien entre deux amis d’enfance. James Whitley Bugler le caïd irlandais joué par Johnny Depp excellent mais trop retouché (lentille bleu, coupe de cheveux, etc..) et John Connoly agent du FBI joué par un excellent Joel Edgerton. La partie serait trop simple dans ce jeu de miroir à deux, si un troisième personnage, en arrière de ce jeu n’était impliqué. Le frère de Bugler le criminel est un sénateur, homme politique puissant ayant pignon sur rue, c’est lui qui assure le bon fonctionnement de la partie à deux. Benedict Camberbatch joue très bien le rôle de cet homme ambigu, où le bel homme franc cache le calculateur. Autant Camberbatch a un rôle significatif dans l’histoire, autant certains acteurs très connus, apparaissent soudain dans des rôles insignifiants. Leur présence est une énigme, comme celle de Kevin Bacon qui ne fait qu’une toute petite apparition dans le film !?

Ce qui est très bien rendu dans ce film, c’est le malaise que la présence du malfrat génère et c’est une bonne chose face aux criminels trop fascinants voire séduisants des films de Coppola ou Scorcese. Nous en oublions presque que ces personnages sont méchants, avec une pseudo-morale, qu’ils sont souvent des psychopathes déguisés en gangsters et que pour en être un, il faut être un peu déglingué dans sa tête. La direction d’acteurs est excellente, filmé de manière très classique, celle de ce genre. La photo est belle, les défilés d’images de la ville ou de la région sont bien rendus et les gros plans plutôt réussis. En ce sens on arrive presque à croire que les V6 des voitures américaines avec leur son et leur suspension si caractéristiques, sont aussi dirigées par le réalisateur.

Le finale n’en finit pas mais pour se conclure de manière simple, sobre et plutôt réussi. Après Crazy Heart (2009), avec Jeff Bridges qui a obtenu de nombreux prix dont deux Oscars, Scott Cooper nous gratifie d’un second essai plutôt concluant.

Antoine Paoli

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