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The Visit

mercredi 7 octobre 2015, par SIGNIS France

(de M. Night Shyamalan, Etats-Unis, 2015, 1h34)

Lyon, 7 octobre 2015 (Antoine Paoli) - Suite à l’appel de ses parents - avec qui elle a rompu depuis ses 19 ans - Loretta envoie ses deux enfants Tyler et Rebecca, très jeunes adolescents, passer une semaine de vacances chez leurs grands-parents.

S’il n’a pas l’envergure du Sixième sens ou de The Village, le réalisateur nous donne le goût de le suivre à nouveau, grâce à un film dopé aux grandes frayeurs et ficelé par un scénario ultra simple mais suffisamment fin pour que, tout au long de cette histoire, nous nous déplacions insensiblement de scènes de la vie ordinaire à la présence de plus en plus manifeste des signes de la démence.

Les deux personnages principaux sont deux très jeunes adolescents. Le petit frère Tyler, disons 12 ans, un pseudo rappeur très drôle et très psychologue et sa sœur aîné Rebecca, disons 13 ans, trop sérieuse, qui a l’idée de filmer cette rencontre, historique pour eux. C’est l’occasion pour le réalisateur d’utiliser le "found footage", qui donne au film l’aspect de caméra portée et nous plonge dans la subjectivité filmée des personnages. Cette utilisation d’une caméra subjective à l’intérieur du film participe de l’atmosphère angoissante. La caméra fait apparaître des images insensées mais dans le même temps, l’écran de la caméra les empêche de voir ce qui se déroule sous leurs yeux. Ce que vois, je perçois, comment discerner si c’est le vrai de ce qui se passe ?

La campagne américaine, une maison éloignée de tout et sous la neige, campent le décor idéal pour se dire que nous allons avoir peur. La maman est une mère typique d’aujourd’hui, c’est-à-dire perdue dans sa recherche sentimentale, elle semble décollée de la réalité. Shyamalan utilise les gros plans de visages ou de lieux, des angles de vues tout en perspective et fait preuve d’une véritable maîtrise de mise en scène, savamment perturbée par la caméra subjective. Le bruitage est très bien conçu, comme souvent dans les films d’angoisse, il a un rôle capital. Les acteurs semble jouer avec une sorte de jubilation, en particulier le jeune garçon, et les personnages sont tout à fait crédibles.

Les scènes terribles de démence sont intégrées dans le déroulement d’une journée de la vie ordinaire, unies comme les deux faces de la même pièce de monnaie. Dans ce film fait pour que nous ayons peur, seul ces deux enfants sont sains de corps et d’esprit, et semblent porter le poids lourd d’un passé que les adultes n’assument pas.

Le réalisateur relance sa carrière avec ce film à petit budget, acteurs principaux inconnus et réussite formelle. Dommage qu’il n’y ait eu que de jeunes ados pour voir ce film ; il est vrai que la violence de la vie ne nous fait pas peur comme la violence dans l’esprit, si caractéristique du cinéma de Shyamalan.

Antoine Paoli

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