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Retour sur le festival de Venise

lundi 19 septembre 2016, par SIGNIS

Venise, 19 septembre 2016 (Ana Boariu). Le 73ème Festival de Venise peut être défini par trois mots clef : la mère, le deuil, le devenir de l’artiste. La majorité des films en compétitions ont eu des femmes comme personnage principal. Des mères surtout, des femmes fortes, capables de lutter pour atteindre leur idéal où faire vivre leur rêve. On a eu du tout : les genres se sont entremêlés, mais ce fil conducteur n’y manquait presque pas. Du musical à la science-fiction, du thriller au film d’époque, du documentaire à la fiction, le thème de la mère est revenu.

De sorte qu’au moment où le film documentaire, Voyage of time, signé par Terrence Malick, a été projeté, il semblait rassembler dans sa méditation les différentes histoires en les projetant sur le fond même de la nature mère et de la vie de l’homme qui se perd et se retrouve par rapport à celle qui lui a donné vie.

Le regard sur la mère on le retrouve dans les films d’époque : The light between the oceans de Derek Cianfrance, drame de la mère qui voit mourir ses enfants et perd celui qu’elle sauve ; Une vie de Stéphane Brizé, histoire adaptée du roman de Maupassant sur le déclin d’une femme trahie par le mari et quittée par son fils, ainsi que Brimstone de Martin Kolhooven, un western à part sur la mère qui est capable de tout pour sauver la vie de sa fille. Le thème de la mère est présent aussi dans la science-fiction, avec le film Arrival de Denis Villeneuve, dans The woman who left de Lav Diaz, récompensé avec le Lion d’or ou dans Piuma de Roan Johnson, qui a reçu le prix SIGNIS.

Jackie
par Pablo Larrain est un film biographique qui présente la femme du président J.F.Kennedy durant les jours qui ont suivi l’assassinat de son mari et jusqu’à l’enterrement de celui-ci, funérailles transformées en fête de la paix à l’honneur d’un président héros. Le réalisateur n’oublie pas de mettre en avant le rôle de mère de deux enfants que Jackie Kennedy doit accompagner dans le deuil.

Femme et deuil se retrouvent comme thème dans Frantz de François Ozon, superbe fresque d’époque faite à travers le deuil d’une famille pour leur fils. Le Christ souffrant, film chilien très spécial, qui se situe dans les villages sans prêtre du désert sud-américain et réalisé par Christopher Murray, ramène ce thème du deuil en le mettant pour la seule fois explicitement sous le signe d’une foi éprouvée et de la quête du sens de la vie faite par un fils qui perd sa mère. Un miracle est-il possible ? Et quel sera celui-ci ?

C’est peut-être On the Milky Road, le film d’Emir Kusturica, qui nous parle indirectement d’un miracle, pas celui qui peut ramener concrètement les morts à la vie, mais celui plus discret, qui transforme l’homme dans le plus profond de son âme, en lui donnant à vivre la foi dans la vérité, la bonté et la beauté. Le film est en fait un conte fantastique, où un couple doit échapper à une poursuite cruelle, aidé par toutes sortes d’animaux : un âne, un faucon, un serpent, des abeilles et des moutons.

Le thème du devenir de l’artiste écrivain a été traité, entre comédie et drame, dans Le Citoyen illustre, signé par Mariano Cohn et Gaston Duprat. L’acteur principal, Oscar Martinez a reçu le prix d’interprétation masculine pour son interprétation d’un écrivain primé du prix Nobel qui revient après quarante ans dans son village natal d’Argentine. Le thème de l’artiste musicien et de l’actrice, qui doivent tous les deux se frayer un chemin à Hollywood, apparaît dans le musical La La Land par Damien Chazelle, où l’actrice principale, Emma Stone s’est bien remarquée et a été récompensée par le prix d’interprétation féminine.

Les beaux jours d’Aranjuez
, de Wim Wenders est un dialogue sur l’amour qui inspire un écrivain. Le film est passé assez inaperçu, sauf pour l’exploit du réalisateur de le traiter en 3D. Nocturnal Animals de Tom Ford est un film particulier qui parle du devenir de l’écrivain, raconté du point de vue de la femme qu’il a aimée, qui l’a inspiré et qui devient son premier lecteur et sa première victime.

Un prix spécial est allé à Ana Lily Amir pour pour The bad batch, une histoire dingue, comme l’affirme la réalisatrice elle-même, sur un lieu d’enfer imaginaire, placé dans un désert - prison, ou l’héroïne doit s’échapper tour à tour du village des cannibales et de celui des vendeurs de drogues et qui trouve sa liberté au moment où elle assume le rôle de mère pour une enfant trouvée.

La mère, le deuil, le devenir de l’artiste : trois thèmes qui s’entrecroisent et qui traversent les films de la sélection officielle du 73ème Festival de Venise.

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