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Campagne globale pour mettre fin à l’impunité des crimes de journalistes

vendredi 23 octobre 2015, par SIGNIS

Bruxelles, 23 octobre 2015 (SIGNIS/Fédération Internationale des Journalistes). La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a lancé cette semaine sa campagne annuelle globale qui a pour finalité de dénoncer les records d’impunité dont sont responsables les gouvernements, ainsi que toute agression perpétrée contre des journalistes et demeurée impunie.

La campagne s’étendra du 2 au 23 novembre 2015. Ces dates ne sont pas anodines : la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes a été adoptée le 18 décembre 2013 par l’ONU et est célébrée le 2 novembre à l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat de deux reporters de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Kidal, Mali, en 2013. Le 23 novembre rend hommage au massacre de Maguindanao, aux Philippines en 2009, où au moins 32 journalistes ont perdu la vie dans ce qui reste l’agression la plus meurtrière contre les médias.

Dans une lettre du 20 octobre, la FIJ a appelé ses membres à un soutien massif afin de dénoncer tout crime envers des journalistes qui resterait impuni. Le meurtre est bien sur la forme la plus violente de ces agressions, mais « toutes celles qui n’ont pas été sanctionnées doivent être dénoncées » a précisé l’organisation.

Tout en pointant tous les gouvernements qui n’ont pas enquêté sur ces délits, la campagne 2015 contre l’impunité se focalise sur quatre pays : le Mexique, les Philippines, l’Ukraine et le Yémen.

Au Mexique, 50 journalistes et travailleurs dans le milieu de la presse ont perdu la vie en exerçant leur profession depuis 2010. Selon la Commission nationale des droits de l’Homme mexicaine (CNDH), environ 89% des agressions ne sont pas résolues.

La FIJ a également noté la mort de quinze journalistes tués au Yémen depuis 2011, dont dix sont morts en 2015. De plus, quatorze reporters sont toujours captifs suite aux combats entre les Houthis, la coalition saoudienne et Al Qaeda. Aucun des coupables de ces crimes n’a été amené en justice.

La FIJ regrette également que personne n’ai été condamné pour leur implication depuis le massacre de 2009 aux Philippines. 40 travailleurs des médias ont été tués depuis 2009, dont sept en 2015, ce qui rend ce pays le plus mortel pour les journalistes en Asie du Sud.

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Georgy Gongadze

En Ukraine, quinze ans après que le corps du journaliste ukrainien Georgy Gongadze ait été retrouvé, décapité, dans la forêt aux alentours de Kiev, un récent rapport sur les violations faites aux journalistes dans le pays recense huit meurtres, 125 intimidations, 322 agressions, 162 tentatives de censure et 196 cas d’entrave d’activité depuis le début de 2014. 54 enquêtes ont été lancées, mais seuls trois affaires ont été au Tribunal.

« Aujourd’hui, seul un meurtre sur dix est investigué » a déclaré le président de la FIJ Jim Boumelha. « Nous demandons instamment à tous nos affiliés de participer à notre campagne pour dénoncer l’impunité, soutenir nos actions et de mener leurs propres activités pour montrer leur solidarité à ceux qui luttent pour dire la vérité et à leurs proches. L’impunité ne met pas seulement en danger les journalistes. Il met en péril la démocratie et le droit de savoir pour le public. Il est plus que temps d’amener ceux qui tuent les messagers en justice et nous devons, sans relâche, tenir les gouvernements responsables ».

La FIJ va également organiser différentes activités autour de la journée de l’ONU contre l’impunité.
Lisez en plus sur la campagne.

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