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Écran noir et silence radio contre les violences sur les journalistes au Niger

lundi 7 décembre 2015, par SIGNIS

Niamey, Bruxelles, 7 décembre 2015 (SIGNIS/Slate Afrique). Une vingtaine de radios et télévisions privées du Niger ont suspendu récemment leurs émissions durant deux heures, afin de protester contre "les violences policières" subies depuis janvier par des journalistes lors de manifestions à Niamey, a constaté l’AFP.

Cette décision a été prise par les patrons de médias qui dénoncent ainsi « les violations répétées » et « les agressions dont sont victimes des journalistes lors de reportages », selon un communiqué commun.

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Baba Alpha

Ce mouvement de protestation s’est déroulé à l’occasion de la deuxième Journée de la liberté de la presse, tous les 30 novembre.
Sur les écrans on pouvait lire : « La Liberté de la presse est menacée au Niger, faisons tout pour la protéger ».
Des radios privées ont également cessé d’émettre pour deux heures, à partir de 19h45 (18H45 GMT).

En revanche, certains médias privés et d’Etat n’ont pas observé cette consigne. Quelque jours plus tôt, Reporters sans frontières (RSF) avait dénoncé des séries d’arrestations de journalistes au Niger, en totale violation de la liberté de la presse.

Au Niger, une loi a remplacé depuis 2010 « les peines d’emprisonnement » de journalistes par « des délits de presse par des amendes pécuniaires ».
« L’environnement juridique assure un plein épanouissement de la liberté de presse et d’opinion au Niger », a soutenu le ministre de la Communication, Yahouza Sadissou. « Nonobstant quelques difficultés, la liberté de la presse est une réalité tangible ».

« La situation est hélas peu reluisante en 2015 ! », a rétorqué Baba Alpha, le responsable de la Maison de la presse, qui regroupe les ONG et associations des médias locaux.
« En moins de six jours (en novembre), il y a eu six arrestations de journalistes », a-t-il dénoncé, pointant des « cas très graves de violations de la liberté des journalistes (...) jusque sur leur lieu de travail ».
Fin janvier, des télévisions et radios privées avaient déjà protesté contre des « violences policières », en suspendant simultanément leurs émissions durant cinq minutes. Dans la foulée, des organisations de journalistes avaient déposé une plainte contre X.
Le Conseil supérieur de la communication (CSC), l’instance de régulation des médias au Niger avait aussi rappelé aux autorités « en charge du maintien de l’ordre le devoir d’assurer la protection des journalistes dans la couverture des événements ».

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