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Journée pour l’élimination de la violence faite aux femmes : les journalistes victimes aussi

mercredi 25 novembre 2015, par SIGNIS

Bruxelles, 25 novembre 2015 (SIGNIS/FIJ/ONU). Le 25 novembre est la journée pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En effet, selon l’ONU, les chiffres sont alarmants : 35% des femmes et filles sont exposées à une forme de violence physique et/ou sexuelle au cours de leur vie, plus de 133 millions de filles ont subi une forme de mutilation génitale, et plus de 700 millions de femmes mariées aujourd’hui l’ont été enfant. Mais il y a aussi les violences psychologiques. La FIJ condamne le harcèlement en ligne contre les femmes journalistes.

Chaque année, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et son Conseil du genre expriment leur solidarité envers la campagne de l’ONU en mettant en avant leur campagne pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes journalistes. Le président de la FIJ, Jim Boumelha, a indiqué : « la violence à l’encontre des femmes est de manière quasi générale peu couverte dans les reportages. Pourtant, la prévalence d’une telle violence suggère qu’au niveau mondial, des millions de femmes sont sujettes à la violence ou vivent avec ses conséquences. J’engage urgemment nos affiliés de se joindre à la campagne de la FIJ à travers le monde ».

Cette année, La FIJ dénonce en particulier les cas de harcèlement et les menaces en ligne, de plus en plus nombreux, et la façon dont les femmes journalistes sont visées – souvent parce qu’elles sont simplement des femmes. Dans chaque pays du monde où il existe des médias en ligne, il existe des menaces contre les journalistes. À propos des femmes journalistes en particulier, des recherches récentes ont montré que ces menaces prennent souvent la forme de menaces de violences sexuelles et s’élargissent souvent à leurs proches.

En mai 2015, les résultats d’une étude pilote du Syndicat national des journalistes NUJ (Royaume-Uni et Irlande) en collaboration avec l’Université Strathclyde (Ecosse, Royaume-Uni) ont révélé des cas « où les journalistes ont craint pour leur propre sécurité personnelle » et ont évoqué des « menaces de mort » et le besoin « de prendre des mesures de précaution supplémentaires ». Bien que l’étude n’ait pas séparé les cas visant spécifiquement les femmes, elle énonce qu’il y avait « des cas flagrants d’abus sectaire, sexiste, raciste et homophobe ».

Bien que beaucoup ignorent l’impact de tels abus, ou pire, y voient simplement l’exercice de la « liberté d’expression », ces abus peuvent ironiquement inhiber cette liberté d’expression et poser une menace grave à une société libre à travers l’autocensure, notamment à propos de certaines histoires précises ou l’évitement des médias sociaux dans une tentative d’échapper aux agresseurs.

Bien que quelques pays et syndicats aient commencé à prendre cette forme de violence au sérieux, ce n’est pas suffisant. C’est pourquoi la FIJ a célébré au début de l’année le lancement de la plateforme en ligne du Conseil de l’Europe (CoE) de signalement de violations des droits des journalistes. Un partenariat entre le CoE, la FIJ, la FEJ, Article 19, Reporters Sans Frontières et l’Association des journalistes européens (AEJ) a été mis en place à travers une clause sur le harcèlement où le harcèlement en ligne est mentionné spécifiquement.

Que faire ?

Cette année, la FIJ et son Conseil du genre demandent une nouvelle fois aux journalistes, à leurs syndicats et à leurs soutiens d’exprimer leur inquiétude à propos de la violence faite aux femmes journalistes, de montrer leur soutien et d’exiger la fin de l’impunité en publiant sur #IFJVAW.

De plus, la FIJ demande aux syndicats membres de mettre en place une base de données pour de tels cas et de les signaler au Conseil pour l’égalité entre hommes et femmes de la FIJ en vue d’organiser des actions ou du soutien supplémentaires.

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