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La revue Relations entièrement numérisée

mardi 19 janvier 2016, par SIGNIS

Québec, Bruxelles, 19 janvier 2016 (Présence/SIGNIS). Il y a exactement 75 ans, en janvier 1941, paraissait le tout premier numéro de Relations, revue jésuite canadienne. Bibliothèque et Archives nationales du Québec souligne cet anniversaire en insérant dans sa collection numérique tous les numéros de la revue, soit tous ceux publiés depuis son lancement jusqu’en décembre 2012.

Le personnel de BAnQ a patiemment numérisé chacune des pages de tous les exemplaires de la revue, afin que les 779 numéros soient accessibles en ligne, sans aucun frais. Tous les articles de la revue se consultent à l’écran d’un ordinateur tandis que chaque numéro peut être téléchargé pour lecture au moyen d’une tablette.

Relations
rejoint la prestigieuse collection numérique de BAnQ qui compte quelque 200 titres dont L’Action catholique (1915-1962), un quotidien de Québec, la revue Cité Libre (1950-1972) et La Patrie (1879-1978).

Une revue marquante

Pour ses recherches, l’historienne Suzanne Clavette s’est plongée dans la lecture de nombreux anciens numéros de Relations. Elle n’avait alors, comme outil de travail, que la revue dans sa version papier. « Disons que c’était un peu plus long, plus ardu », reconnaît-elle.

Elle se réjouit de la numérisation de la publication des jésuites. « Ce sera très bien pour les jeunes historiens d’avoir accès à tout ce corpus. Cela va faciliter leurs recherches. »

Selon la chercheuse, Relations est une revue qui a « bouleversé l’échiquier politique et qui a eu très une grande influence », notamment dans le développement des politiques sociales de l’État québécois. « Les chercheurs doivent continuer de fréquenter cette revue » afin de mieux comprendre les événements et la conjoncture des années 1940 à 1960.

En 2006, Suzanne Clavette a dirigé la rédaction de L’Affaire silicose par deux fondateurs de Relations (Presses de l’Université Laval, 2006). Ce livre analysait les dessous et les conséquences de l’enquête menée par la revue en 1948 sur la silicose, cette maladie pulmonaire qui décimait la population de Saint-Rémi d’Amherst, un village minier des Laurentides. Au lendemain de ce long et fouillé reportage du journaliste Burton Ledoux, qui s’en prenait notamment à la puissante Noranda Mines, le père Jean-d’Auteuil Richard, le directeur de la revue, fut contraint de démissionner. « Le numéro sur la silicose a fait scandale et a entraîné une réorientation de la revue », explique l’historienne.

Elle estime que la revue Relations elle-même mériterait d’être l’objet de recherches approfondies. Elle suggère d’étudier trois périodes importantes. D’abord celle de 1941 à 1948, alors que de jeunes jésuites, contestataires, la dirigent. « Il y a ensuite sa période plus conservatrice, avec la destitution du directeur et le remplacement de toute l’équipe. Puis, on devrait mieux comprendre le renouveau des années 1960. »
Quand on lui demande quels numéros de la revue nouvellement numérisée méritent d’être lus en premier, Suzanne Clavette nomme, sans surprise, celui de mars 1948 sur la silicose mais aussi celui de janvier 1941, le tout premier, pour la présentation des objectifs de la publication.

En 1941, Relations est lancée par l’École sociale populaire, le « centre de documentation, d’information, de recherche et d’action sociale, confié aux pères de la Compagnie de Jésus ». Soixante-quinze ans plus tard, c’est le Centre justice et foi, « un centre d’analyse sociale progressiste fondé et soutenu par les jésuites du Québec », qui en est l’éditeur.

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