ACCUEIL >Nos actions >Journalisme

Les médias et les demandeurs d’asile en Australie

vendredi 6 novembre 2015, par SIGNIS

Toronto, Bruxelles, 6 novembre 2015 (IFEX/ Fédération internationale des journalistes/Media, Entertainment and Arts Alliance/SIGNIS). La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a rejoint son affilié, the Media, Entertainment & Arts Alliance (MEAA) pour soulever des inquiétudes quant aux restrictions médiatiques qui entourent les politiques de demande d’asile en Australie et les centres de détention d’immigration extraterritoriaux.

La FIJ et la MEAA ont appelé le gouvernement australien à arrêter ses restrictions sur l’accès des médias et l’accès à l’information. Depuis le début de l’opération militaire gouvernementale « Sovereign Borders » en septembre 2013, l’accès aux médias dans les centres de détention en Australie a été sévèrement réduit, ainsi que dans les deux centres extraterritoriaux sur l’île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée et sur la République de Nauru.

Il y a eu un nombre croissant de rapports d’abus et de négligence dans ces centres extraterritoriaux. Avec une nouvelle loi, the Australian Border Force Act, c’est désormais criminel, punissable jusqu’à deux ans de prison, pour quelqu’un travaillant dans un centre de détention, de révéler aux médias quoi que ce soit des activités de ces centres. Par conséquent, les journalistes doivent travailler avec leurs sources en secret.

La semaine dernière, il y a eu deux nouvelles descentes de police Nauruane dans les bureaux des entrepreneurs et des ONGS du centre de détention de l’île. Durant ces descentes, les ordinateurs, les téléphones portables et les dossiers ont tous été saisis, afin de révéler l’identité des dénonciateurs qui seraient les sources des journalistes.

Quel est le rôle des médias ?

Le PDG de MEAA, Paul Murphy, a déclaré « le rôle des médias est d’examiner les puissants et les tenir responsables. Le public australien a le droit de savoir ce que le gouvernement fait en notre nom. Ce n’est pas justifiable, sous aucune circonstance, de contrecarrer l’intérêt du public sur la suspicion de violation des droits de l’homme d’un réfugié ou d’un demandeur d’asile. Au contraire, le public a le droit de savoir comment les obligations de l’Australie sont atteintes en vertu des instruments juridiques australiens et internationaux. »

« Le gouvernement utilise la législation pour menacer des dénonciateurs de peine de prison s’ils parlent. Toute tentative de museler un témoin est une tentative de museler la vérité. S’attaquer aux dénonciateurs signifie s’attaquer au journalisme. Envelopper les politiques gouvernementales dans trop de bureaucratie ou menacer les gens de prison, est une attaque de la liberté d’expression et, par extension, une agression scandaleuse sur la liberté de la presse et le droit de savoir du public ».

La FIJ a déclaré : « L’accès à l’information est un droit de tout citoyen australien. Les restrictions imposées par le gouvernement australien sont une violation de la liberté de la presse et des droits du peuple. Les journalistes font simplement leur travail, informer le public. Le gouvernement australien entreprend une attaque scandaleuse sur la liberté de la presse en limitant les médias et en punissant les témoins. On exige une fin à cette pratique. »

Abonnez-vous à notre Newsletter
SIGNIS in the world
Choose your organization in the world.

Adds