ACCUEIL >Nos actions >Journalisme

Liberté de la presse en danger en Bolivie

mardi 31 mai 2016, par SIGNIS

La Paz, 31 mai 2016 (RSF). Selon Reporters sans frontières (RSF), « l’environnement de travail des journalistes boliviens s’est particulièrement dégradé depuis le début de l’année : accusations publiques, intimidations, menaces de poursuites judiciaires... ». L’ONG dénonce ces tentatives de nuire à la profession de la part des autorités, et soutient les journalistes persécutés dans le pays.

RSF rappelle que, « le 19 mai 2016, devant les membres de l’Assemblée législative de Bolivie, le ministre de la Présidence, Juan Ramón Quintana, accusait le journal Erbol, l’agence de presse Fides, ainsi que les quotidiens El Deber et Página Siete de former un ‘ cartel de mensonges’. » Selon le ministre, des journalistes auraient « inventé » une affaire de trafic d’influence impliquant le président bolivien. Depuis la révélation de cette affaire, au début de l’année, les reporters « sont visés par une véritable campagne de diffamation, marquée notamment par des attaques verbales. »

« Ce climat d’hostilité envers la presse dégrade profondément la liberté d’expression en Bolivie, et ne peut plus durer, déclare Emmanuel Colombié, responsable du bureau Amérique Latine de RSF. Les insultes, les poursuites illégales et les campagnes de diffamation menées par les hauts représentants de l’État contre les journalistes de leur propre pays sont intolérables et engendrent une autocensure particulièrement néfaste pour la liberté de la presse.”

Par ailleurs, la député Mireya Montaño, leader du « Movimiento al Socialismo » (MAS), parti d’Evo Morales à l’Assemblée nationale, a récemment affirmé que la Loi de la Presse (Ley de Imprenta) devrait être revue. La déclaration a mis en alerte de nombreux journalistes du pays qui, dans le contexte actuel, estiment que la réforme de la loi pourrait avoir un impact négatif sur la liberté de l’information.

Le 10 août dernier, RSF dénonçait déjà ces manœuvres du gouvernement qui annonçait que les médias réalisant un travail « politique » se verraient privés des ressources financières liées à la publicité gouvernementale.

Pour rappel, la Bolivie se situe à la 97ème place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2016.

Abonnez-vous à notre Newsletter
SIGNIS in the world
Choose your organization in the world.

Adds