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Mobilisation pour les journalistes en RDC

vendredi 6 novembre 2015, par SIGNIS

Kinshasa, Bruxelles, 6 novembre 2015 (Radio Okapi/RadioNet/SIGNIS). Ce 2 novembre, c’était la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) a appelé à la fin de l’impunité contre les journalistes et Journaliste En Danger (JED) a demandé un moratoire sur leurs arrestations.

JED a sorti son rapport annuel « Liberté d’expression et élections en RDC 2016 : l’information sous haute surveillance » et un forum a été organisé à Kinshasa par le ministère de la Communications et des médias et l’Unesco.

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Kasonga Tshilunde

Kasonga Tshilunde, le président de l’UNPC, estime que des actions doivent être menées auprès du pouvoir public pour mettre fin à l’impunité des attaques faites aux journalistes. « Aucun procès n’a abouti. Nous n’avons jamais su qui a tué, pourquoi il l’a fait et qui a commandité l’assassinat. Voilà le combat que nous menons jusqu’à ce jour. L’occasion nous est donnée de revenir pratiquement chaque année pour demander aux détenteurs du pouvoir public de faire en sorte que tous nos confrères qui ont été assassinés puissent être rétablis dans leurs droits », a-t-il indiqué.
Plusieurs intervenants à ce forum sont revenus, entre autres, sur les droits à la liberté d’expression et à l’information, l’impact psychologique des journalistes travaillant dans un milieu hostile et les dangers spécifiques que courent les femmes des médias, dans l’exercice de leur profession.

De son côté, Journaliste en danger dénonce dans son rapport les pressions et la censure dont ont fait l’objet les journalistes et les médias cette année en RDC. L’ONG répertorie 72 cas d’attaques contre les journalistes et les médias.
Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de JED, affirme que l’environnement de travail de journaliste est difficile en RDC, dénonçant l’impunité des auteurs des atteintes à la liberté de la presse. « De manière générale, l’environnement du travail du journaliste reste très difficile compte tenu justement du fait qu’il y a cette impunité et aussi du fait que chaque année les nombres sont toujours élevés sur les cas de violations et d’atteintes à la liberté de la presse », note-t-il.

Tshivis Tshivuadi indique que le rapport pointe du doigt les forces de l’ordre dans les violations de la liberté de la presse. « Ce qui est aussi à relever dans ce rapport, ce que 60 % des cas de violations de la liberté de la presse aujourd’hui sont le fait soit des militaires, soit des agents des services de sécurité, de l’ANR ou de la police. Et ce sont ces personnes-là qui sont connues, qui sont identifiables qui ne sont pas inquiétées alors qu’elles violent une liberté qui est reconnue et garantie par la constitution », déclare-t-il.

En plus du rapport, Journaliste en danger a rendu public une lettre ouverte adressée au ministre congolais de la Justice. Dans cette lettre, signale Tshivis Tshivuadi, Jed demande notamment un moratoire sur l’arrestation des journalistes.
L’ONG demande également au ministre de la Justice d’ordonner la libération des personnes arrêtées pour des motifs liés à la liberté de presse, ou d’expression, et la réouverture de tous les médias actuellement fermés sur l’ensemble du pays.

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