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Trois directeurs de médias boliviens revendiquent la liberté de la presse

jeudi 29 octobre 2015, par SIGNIS

La Paz, Bruxelles, 29 octobre 2015 (PCCS/SIGNIS). Les directeurs de Erbol, Página Siete et ANF, qui ont été accusés par le vice-président, Álvaro García Linera, de « médias de l’opposition » ont revendiqué ce lundi le droit à la liberté de la presse et ont signalé que leurs médias ne faisaient que « chercher la vérité », un travail qui, certainement, dérange les autorités.

Álvaro García Linera assure que les trois médias cités sont « pour ceux de droite et les opposants » et que cela fait deux mois qu’ils sont en campagne pour promouvoir le rejet du référendum de février 2016 pour éviter la réforme constitutionnelle qui autoriserait une réélection du président Evo Morales.

Interviewé par ATB, on lui a demandé s’il était préoccupé par les résultats de la dernière enquête publiée dans le journal Pagina Siete, qui montrent que le parti au pouvoir ne disposerait pas d’un avantage considérable. Linera a répondu « non, cela vient de Página Siete donc cela ne nous préoccupe pas, parce que l’on sait que c’est un média appartenant à l’idéologie de l’opposition ». Il a ajouté que Página Siete appartient à un ancien employé de l’ancien président Gonzalo Sánchez de Lozada, Raúl Garáfulic. Pourtant, Garáfulic nie avoir jamais travaillé pour l’ancien président.

« Cela ne nous préoccupe pas, ils ont toujours agi comme cela, il y a une sorte de coalition de droite ultraconservatrice des médias. Les médias de droite et d’opposition, c’est Erbol, Página Siete et l’Agence Fides (ANF) » a-t-il ajouté. « Ainsi, les informations que nous y trouvons, on sait qu’elles font partie de la campagne de l’opposition. Ils sont déjà en campagne, nous avons à peine fait un tract, eux cela fait plusieurs mois qu’ils luttent contre la réélection ».

Le directeur de ANF, le père Sergio Montes, assure que l’agence a développé pendant 52 ans le même journalisme, peu importe le régime dictatorial ou démocratique, travaillant « pour la vérité et l’indépendance. Si ce désir de chercher la vérité dérange quelqu’un, je suis content. Je suis content que dire la vérité, avec impartialité et indépendance, dérange le pouvoir, je peux dire que l’on fait notre travail (…). Si on dérange le pouvoir, c’est probablement parce que l’on met le doit là où on veut arriver, à la recherche de la vérité ».

« Nous sommes un média indépendant mais nous avons des principes inspirés de la Compagnie de Jésus, ce qui implique que nous sommes souvent critiques, envers les institutions ou les personnes, mais pas par simple désir de critiquer, mais afin de trouver la vérité »

Le prêtre ajoute que « à un pâté de maison du Palais du Gouvernement, on trouve encore des gens mendier tous les jours, cette réalité est un cri de justice, contre tous les déchets créés lors des campagnes et des actions promotionnelles ».

Sue le même sujet, le directeur de Página Siete, Juan Carlos Salazar s’est demandé : « une coalition de médias pour l’opposition ? La seule que je connaisse est celle des médias gouvernementaux. Página Siete ne fait pas du journalisme d’opposition, mais fait du journalisme, à la différence des médias étatiques qui font de la propagande avec les impôts des Boliviens ». Salazar ajoute que Página Siete n’est pas en campagne, ni pour, ni contre quelqu’un ou quelque chose. « Oui, les articles amènent à un débat collectif, quelque chose que les médias dirigés ou télé-dirigés par le gouvernement ne peuvent faire ».

De son côté, le directeur de la Red Erbol, Augusto Peña, a souligné que ce média ne se considérait ni comme un « média d’opposition ni gouvernemental, ce n’est pas notre rôle ». Il a déclaré que le but de ce média était « de donner la vérité. Nous luttons pour la revendication des droits des secteurs exclus. Nous gardons cette mission en tête dans chacune des informations que nous transmettons ».

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