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Internet est-il polluant  ?

mardi 15 décembre 2015, par SIGNIS

Bruxelles, Paris, 15 décembre 2015 (SIGNIS/La Croix). Des centaines de mails par jour, des fermes de serveurs grandes comme une ville : un bout à l’autre de la chaîne, Internet est un grand consommateur d’énergie et une source de pollution.
Explications de Françoise Berthoud, directrice d’EcoInfo, un groupement de service du CNRS sur les impacts écologiques et sociétaux des technologies de l’information et de la communication (TIC).

« L’ensemble des TIC représente en moyenne 10 % de la consommation électrique mondiale. Et il faut se souvenir que trois milliards de personnes n’ont pas accès à ces technologies avec la même intensité que nous  ; cela montre à quel point notre usage est consommateur d’énergie.

Les technologies polluent parce qu’elles existent

Les gens pensent tout de suite à la consommation électrique de leur équipement personnel. Il ne faut cependant pas oublier que ces appareils ont dû être fabriqués, ce qui consomme également. Les technologies polluent simplement parce qu’elles existent. À l’exception des serveurs, qui polluent le plus à l’usage car ils fonctionnent 24 heures sur 24, c’est l’étape de production qui est la plus polluante.

En effet, des ressources non-renouvelables sont utilisées, comme le cuivre ou l’indium, dont les réserves sont très faibles. Le fait de les extraire est très polluant, parce que des produits chimiques sont utilisés. Enfin, la production en elle-même est consommatrice d’énergie. La fabrication d’un smartphone émet plus de gaz à effet de serre que son usage.

Le problème de l’obsolescence

Sans compter que ces objets ont une durée de vie courte ! Les fabricants s’appuient sur le fait que les consommateurs aiment la nouveauté, le renouvellement, et ne veulent pas payer cher. Ils construisent donc à bas coût et peu durable. Et la plupart des éléments sont désormais interdépendants : quand l’un est dépassé, le système tout entier l’est.

Or, en France par exemple, seuls 35 % des déchets électroniques arrivent dans les bonnes filières de recyclage après tri. Et même quand ils arrivent jusqu’au bout de la bonne filière, seuls 17 métaux, sur la quarantaine qui sont dans les smartphones, sont recyclés.

Une société de croissance obligatoire

Bien sûr, des bonnes pratiques existent et aident à réduire l’impact sur l’environnement. Les fabricants développent aussi des solutions moins consommatrices d’énergie. Mais on fait face à un effet rebond. Dès qu’une place est laissée quelque part, qu’on découvre une possibilité en plus, la place sera remplie, la possibilité exploitée.

Par exemple, avant, faire une impression était coûteux en temps et en argent, donc les gens hésitaient. Maintenant, il y a des imprimantes partout. Les courriels devaient remplacer le papier, mais en réalité les gens les impriment sans s’interroger sur leur nécessité. De la même manière, quand des serveurs plus performants et moins énergivores sont développés, on en installe plus. Nous sommes dans une société de croissance obligatoire.

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