ACCUEIL >Nos actions >Monde numérique

La « cyberhaine » : un facteur de division

jeudi 26 novembre 2015, par SIGNIS

Bruxelles, 26 novembre 2015 (Manu Van Lier/Cathobel/SIGNIS). Suite aux attentats du 13 novembre à Paris, des millions de messages de soutien et de solidarité avec la France ont été échangés sur les réseaux sociaux. Mais à côté de cette bienveillance largement partagée, on peut également lire une proportion inquiétante de commentaires suspicieux ou d’expressions de haine et de xénophobie.

Un climat de peur s’est emparé de la Belgique ces derniers jours, avec des mesures de sécurité sans précédent. Il est tout à fait compréhensible que les internautes ressentent le besoin d’exprimer leurs inquiétudes, mais celles-ci doivent rester proportionnées en évitant de glisser dans les amalgames qui ciblent une partie de la population ou une religion. Le 19 novembre, Charles Michel, le Premier ministre belge, a présenté devant la Chambre une liste de mesures décidées par le gouvernement fédéral pour la lutte contre le terrorisme.

Dans son allocution, il a appelé à l’union nationale : « dépassons nos différences, réunissons-nous. Plus que jamais, nous devons nous rassembler derrière nos valeurs universelles fondamentales, le respect de l’autre, la tolérance… ». « Le fanatisme, le racisme, est un poison, un poison qui vise à diviser, déchirer, détruire ! », insiste Charles Michel.

Ce risque de division est bien réel mais, ne soyons pas dupes, il puise autant sa force dans les commentaires sur des blogs, des chats et dans les réseaux sociaux que dans les discours des islamistes radicaux. Une société démocratique ne peut admettre des propos racistes ou haineux au nom de la liberté d’expression. La stigmatisation permanente des personnes d’origine étrangère mène à l’exclusion avec un risque de marginalisation, voire de radicalisation.

« No hate » : campagne de sensibilisation

Selon une étude réalisée par le Conseil de l’Europe, 68% des jeunes entre 16 et 30 ans passent au moins 5 heures par jour sur internet. Ces mêmes jeunes déclarent avoir déjà été confrontés au discours de haine sur internet : 78% s’affirment dépités par cette haine et la moitié d’entre eux souhaiterait pouvoir la combattre, tout en se sentant par ailleurs démunis ( [5]).

Face à ce constat, Rudy Demotte, le Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la ministre de la Jeunesse et de l’Egalité des chances, Isabelle Simonis, ont décidé de poursuivre et amplifier la campagne du Conseil de l’Europe « NO HATE ».

L’objectif est de guider les jeunes, mais aussi l’ensemble des internautes, en leur fournissant une aide et des outils technologiques adéquats. Un plan d’action en 2 volets a été présenté en ce sens : le premier aborde les actions de « sensibilisation et prévention » tandis que le second propose des « cyber-solutions ».

Parmi celles-ci, une application et des chats sur les réseaux sociaux doivent voir le jour durant le premier semestre 2016. Isabelle Simonis explique dans Le Soir que ces espaces d’échange proposeront des contre-arguments, slogans et panneaux humoristiques avec « l’idée de créer une communauté de jeunes impliqués, des « cyber-patrouilleurs » qui toucheraient d’autres jeunes par effet viral. » « La haine sur internet ne peut pas être banalisée, elle constitue l’une des formes les plus répandues d’atteinte aux Droits de l’Homme et peut avoir des conséquences dramatiques sur la construction identitaire des jeunes et sur le vivre-ensemble en général » concluent les Ministres.

Abonnez-vous à notre Newsletter
SIGNIS in the world
Choose your organization in the world.

Adds