ACCUEIL >Nos actions >Monde numérique

La liberté d’accès à Internet recule partout dans le monde

vendredi 30 octobre 2015, par SIGNIS

Bruxelles, New York, 30 octobre 2015 (Freedom House/Ucannews/SIGNIS/ I Verbrugge). Selon l’ONG Freedom House, qui a sorti cette semaine son rapport « Liberté sur Internet 2015 », la liberté de l’accès à Internet a reculé partout à travers le monde, mais particulièrement en Libye, en Ukraine, en Chine et en France. Cela fait maintenant cinq ans que l’ONG arrive au même résultat.

Selon le rapport, 58% de la population mondiale vit dans des pays où des blogueurs ou de simples utilisateurs ont été arrêtés pour avoir publié des contenus qui ne plaisaient pas aux autorités, que ce soient sur des sujets politiques, sociaux ou religieux. Depuis juin 2014, la liberté d’expression sur Internet a reculé dans 32 des 65 pays étudiés par l’ONG. Le rapport classe les pays analysés en trois catégories : les pays libres, les pays en partie libres et les pays non-libres.

Parmi les sujets censurés, on trouve des propos critiquant les pouvoirs en place, des accusations de corruption, des censures des opposants politiques ou des sujets traités de manière satirique, des mobilisations en ligne et des contenus portant atteinte à la religion.

Pour l’organisation, il y a trois phénomènes à l’origine du recul de la liberté sur Internet :

  • Tout d’abord, les gouvernements ont tendance désormais à demander le retrait des contenus au lieu de simplement les bloquer. En effet, les gouvernements s’adressent de plus en plus aux groupes comme Facebook ou Twitter afin d’enlever les contenus « indésirables ». En bloquant le contenu, il y a encore moyen de le retrouver en utilisant certains outils, alors que si le contenu est enlevé, il devient introuvable.
  • Ensuite, le nombre d’arrestations et d’intimidations augmente sans cesse. Quarante des soixante-cinq pays analysés ont emprisonné quelqu’un pour avoir partagé un contenu non désiré.
  • Enfin les « lois de surveillance » se multiplient, pour la troisième année consécutive. Quatorze gouvernements ont adopté de nouvelles lois pour accroître la surveillance du Net depuis juin 2014.

La Chine est dernière sur la liste, avec un score de 88 (0 désignant le plus haut degré de liberté), derrière la Syrie et l’Iran, ex aequo. Le pays le plus habité du monde, avec plus de 640 millions d’utilisateurs d’Internet est également en train de réduire les libertés de Hong Kong. Facebook et Twitter sont toujours bloqués, ainsi que de nombreux sites religieux, comme la page chinoise du site ucanews.com. Tous les sites de Google ont également été bloqué suite à une amélioration du « Great Firewall », qui filtre tout ce qui rentre et sort des serveurs chinois. Les autorités ont également lancé une campagne afin d’obliger les utilisateurs de Wechat et Weibo à s’inscrire avec leur vraie identité, et, dès le 1er novembre, ceux qui lanceront des rumeurs en ligne auront une sentence de prison allant jusqu’à sept ans d’enfermement.

L’Islande, elle, mène la liste, suivie par l’Estonie, le Canada, l’Allemagne, l’Australie, les Etats-Unis, le Japon et l’Italie.

Pour lire le rapport en entier, cliquez ici (en anglais).

Abonnez-vous à notre Newsletter
SIGNIS in the world
Choose your organization in the world.

Adds