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Les dessous des réseaux sociaux

mercredi 4 novembre 2015, par SIGNIS

Bruxelles, Paris, 4 novembre 2015 (NouvelObs/HuffingtonPost/SIGNIS/I V) Lors de sa visite aux Etats-Unis en septembre dernier, le Pape François déclarait que les réseaux sociaux rendaient les gens solitaires. Cette affirmation est prouvée aujourd’hui, par une jeune australienne de 18 ans, Essena O’Neill.

Essena est depuis plusieurs années une star d’Instagram, avec plus de 700.000 abonnés. Elle y poste des photos de sa vie quotidienne, montrant à quel point la vie qu’elle mène est belle. Mais depuis le 2 novembre, elle a décidé d’arrêter, elle ne veut plus mentir. Elle a expliqué son choix en postant une vidéo sur YouTube.

Dans sa vidéo « Pourquoi je quitte vraiment les réseaux sociaux – la vérité », elle explique à quel point son « métier » l’a épuisée psychologiquement. « Il faut savoir à quel point tout est faux (…) J’avais une vie rêvée, j’ai des millions d’abonnés, et pour de nombreuses personnes, j’ai réussi. » Elle explique qu’elle était sollicitée par des entreprises pour qu’elle fasse leur pub, lui indiquant quoi dire et comment tenir le produit. Par exemple, elle explique avoir posté une photo d’elle portant une robe, en échange de 400€ offerts par la marque.

Elle ajoute « Je quitte Instagram, Youtube et Tumblr. J’ai supprimé plus de 2000 photos ici aujourd’hui qui n’avaient d’autre but que l’autopromotion. Inconsciemment, j’ai passé la plus grande partie de ma vie d’adolescente à être accro aux réseaux sociaux, à l’approbation des autres, aux statuts, et à mon apparence physique. Les réseaux sociaux, surtout la façon dont je les utilisais, ne sont pas réels. (…) C’est parfaitement organisé et ça absorbe tout jugement personnel. Ce système m’a consumée. (…) Comment pouvons-nous nous connaitre et connaitre nos véritables objectifs/talents si nous passons notre temps à regarder les autres ? (…) J’étais à la fois accro aux réseaux sociaux et terrifiée à l’idée que personne ne m’accorde d’importance pour ma vraie personnalité. J’ai donc réécrit les légendes de ces fausses photos avec des petits extraits de réalité. (...) » On peut désormais lire sur l’un de ses selfies « Je me rappelle que je vérifiais de façon obsessionnelle le nombre de "j’aime" pendant une semaine entière après la publication ». Elle ajoute « Je me disais que j’aurais plus de valeur si j’avais des vues sur YouTube. (...) Je ressentirais de la joie, du bonheur, de la valeur »

Ses propos illustrent les mots de François, qui déclarait que « en étant toujours à l’affût de la dernière tendance, en accumulant les ‘amis’ sur les réseaux sociaux, nous nous laissons happés par ce que la société actuelle offre : une solitude accompagnée d’une peur de l’engagement dans une course effrénée de reconnaissance ».

Elle veut désormais se consacrer à la « vie réelle », en publiant des vidéos sur son blog « Let’s be game changers » (soyons ceux qui changeons le jeu »), sur des sujets plus personnels. Dans sa première vidéo, elle explique « J’étais cette fille qui avait tout, et je vous dis que tout avoir sur les réseaux sociaux ne signifie rien dans la vraie vie ».

Elle a lancé un appel, en demandant à tous les accros des réseaux sociaux de tenter de se déconnecter pendant une semaine, afin de se reconnecter au monde réel. Elle a également demandé aux personnes ayant les capacités de créer une plateforme de partage « qui ne soit pas conçue sur le principe de la validation par le nombre de vues/de followers/de "j’aime" mais qui partage des vraies valeurs et de l’amour » de le faire. Car « lorsque vous vous laissez définir par des nombres, vous vous laissez définir par quelque chose qui n’est pas réel, qui n’est pas pur, et qui n’est pas de l’amour », insiste-t-elle.

Why I think social media sucks from Essena O'Neill on Vimeo.

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