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Les discours de haine sur Internet

mercredi 17 février 2016, par SIGNIS

Bruxelles, 17 février 2016 (SIGNIS). Les réseaux sociaux sont l’endroit idéal pour faire entendre sa voix, faire valoir ses droits et affirmer son opinion. Malheureusement, c’est aussi, notamment à cause de l’anonymat, la plateforme idéale pour tenir des propos injurieux, racistes ou violents. Comment peut-on lutter contre ces messages de haine ?

De nos jours, Twitter et les « hashtags » sont devenus le lieu de tous les commentaires. N’importe qui peut désormais donner son avis sur une situation ou un événement et montrer son soutien. Peu importe l’événement, des hashtags spécifiques sont créés et retwittés des milliers ou des millions de fois. Que ce soit #JeSuisCharlie, #SuperBowl2016 ou actuellement #PapaEnMex, ces mots-clés sont utilisés par toute personne désirant s’exprimer sur l’actualité.

Si, la plupart du temps, ces mots clés sont associés à des messages positifs, il arrive que des messages de haine les accompagnent. Le géant Twitter tente de remédier à ce problème, avec divers dispositifs de signalement, de plus en plus solides et accessibles. Les réponses accordées à ces signalement ont plusieurs niveaux : d’un simple message d’avertissement jusqu’à une exclusion définitive du réseau.

Récemment, Twitter a mis au centre de ces priorités la lutte contre le harcèlement en créant un Conseil de la protection des utilisateurs (Twitter Trust & Safety Council), composé de représentants du monde associatif pour pérenniser le contact avec ces experts sur nos mécanismes de sécurité.

Mais le réseau social n’est pas la seule victime de la violence on-line : les forums de discussion ou les espaces de commentaires sur les sites d’actualités sont aussi la foire aux insultes et au harcèlement. D’ailleurs, de plus en plus de médias ont décidé de bloquer la fonction commentaire, comme Reuters, Popular Science, le Chicago Sun-Times, The Daily Dot, ou le Toronto Sun. Le problème est qu’en faisant cela, la liberté d’expression est menacée.

L’association Respect Zone, lancée en 2014, a présenté début février une « photographie de l’expression de la haine » sur le net, se basant sur des données fournies par Netino, prestataire de service de la modération sur internet et Kantar Media, spécialiste de l’analyse de l’information et des médias.

Parmi les dizaines de millions de commentaires reçus sur les sites d’information et leurs pages Facebook traités en 2015 par Netino, les modérateurs ont rejeté 27% des messages, soit 3 points de plus qu’en 2014. Les motifs étaient les suivants :

  • 22% pour insulte
  • 20% pour agression
  • 19% pour racisme
  • 15% pour diffamation
  • 15% pour appel à la haine ou à la violence
  • 7% pour manque de respect à la victime, pornographie ou publicité et spam
  • 2% pour homophobie

L’association se soucie particulièrement de l’impact sur les jeunes internautes. Selon plusieurs rapports, environ 40% des jeunes disent avoir été victimes d’une agression en ligne. Des « camarades » de classes leur envoient des centaines de messages de haine chaque jour. En conséquence, on constate une triste augmentation des suicides de jeunes, qui ne supportaient plus la situation.

Pour faire prendre conscience aux jeunes internautes qu’ils ont pu être insultants, Respect Zone vient de lancer une campagne de sensibilisation nommée "Licornes vs Haters". Il s’agit de remplacer chaque insulte par des émoticônes : licornes, petits cœurs et autres arcs-en-ciel, grâce à un plug-in qui peut être mis en place sur n’importe quel site.

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