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Nauru sur la sellette, l’ONU dénonce le blocage d’Internet et la répression de la liberté d’expression

jeudi 5 novembre 2015, par SIGNIS

Nauru, Bruxelles, 5 novembre 2015 (SIGNIS/Deji Olukotun/Peter Micek). Début novembre, les pays du monde entier ont exhorté le petit état insulaire de Nauru à restaurer l’accès aux réseaux sociaux et à soutenir la liberté d’expression. Délivrées lors d’une session au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU et présentées par les délégations officielles du Royaume-Uni, de l’Australie, du Canada et du Timor Leste – entre autres – les recommandations représentent une sévère réprimande après que Nauru ait diminué la liberté d’expression ces dernières années, y compris le blocage de Facebook.

Dans une action séparée, Access Now a remis une pétition au gouvernement de Nauru signée par plus de 5000 personnes demandant au gouvernement de rendre un accès total à Internet.

Nauru est un petit état insulaire, mais ce qu’il s’y passe importe au monde entier. La liberté d’expression est vitale pour les demandeurs d’asiles sur l’île, afin de chercher, recevoir et transmettre des informations via Internet. Comme le monde fait face à des flux migratoires de plus en plus importants, Internet va continuer de servir de moyen crucial pour respecter les droits humains.

L’Examen Périodique Universel (EPU) du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU analyse l’état des droits de l’Homme dans chaque pays membre de l’ONU, tous les quatre ans et demi. Le gouvernement de Nauru a décrété récemment que toute personne qui émettait un message qui « contraint, intimide, agresse ou cause des détresses émotionnelles à une personne » commettrait un crime si ce message est « susceptible de menacer la défense nationale, la sécurité publique, l’ordre public, la morale publique ou la santé publique ». Cette norme vague pourrait donc envoyer en prison les gens pour ce qu’ils disent, en ligne ou hors ligne.

Nauru possède un centre de détention des immigrés, financé par le gouvernement australien pour les demandeurs d’asile en Australie. Des hommes, des femmes et des enfants sont gardés dans ce centre – parfois dans des conditions abusives – pendant que les autorités décident de leur accorder, ou non, une protection totale de réfugié et un relogement à Nauru, en Papouasie Nouvelle Guinée ou au Cambodge, mais pas en Australie, le pays pour lequel ils demandent l’asile. Sans Internet, les demandeurs d’asile à Nauru perdent les connexions vitales avec leurs proches, collègues et familles.

En mai, Acces Now a rejoint des organisations de défense des droits de renom comme Human Right Watch, Refugee Council of Australia, International Service for Human Rights et PEN International dans une lettre demandant au gouvernement de restaurer un accès complet à Internet ainsi que la liberté d’expression. La pétition a été remise le 3 novembre et souligne ces préoccupations.

Nauru mérite reconnaissance pour avoir participé au processus de l’EPU, et les forces démocratiques espèrent que le pays va appliquer les recommandations faites par le Conseil des droits de l’Homme. Nauru va désormais avoir l’opportunité de répondre à ces recommandations officielles dans les prochains mois, pendant une session plénière du Conseil des Droits de l’Homme.

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