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La périlleuse mission des radios communautaires au Paraguay

lundi 14 mars 2016, par SIGNIS

Bruxelles, 14 mars 2016 (RFI). Au Paraguay, les radios communautaires tentent de « démocratiser l’information » en ouvrant l’antenne aux habitants des zones délaissées par les services étatiques et les médias de la capitale. Cependant, les membres de ces radios ne sont pas en sécurité : six d’entre eux ont été assassinés depuis 1997. RFI en a rencontré certains.

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Carlos Goncalvez

Julio Franco, par exemple, est animateur à Luz Bella Comunicaciones FM. Suite à la publication d’informations concernant des actes de déforestation dans une réserve protégée, il vit sous tension permanente, dans l’indifférence de la police.

Le gouvernement actuel est devenu propriétaire de dix médias nationaux, rien qu’en 2015. Pour Julio Franco, « les radios communautaires représentent ‘les seuls espaces où les sans-voix ont la possibilité de s’exprimer’ et servent à divulguer ‘des informations volontairement oubliées ou manipulées par les médias commerciaux, d’où la difficulté et la dangerosité de la tâche’ ».

RFI indique également que, depuis l’an dernier, la Commission nationale des Télécommunications (Conatel) interdit toute publicité sur les ondes communautaires. « Certaines radios ne peuvent même plus payer la facture d’électricité », déplore Carlos Goncalvez, qui apporte une aide technique et administrative à une cinquantaine de radios. Selon lui, « l’Etat veut empêcher toute possibilité de subvention des radios communautaires : une atteinte explicite à la liberté d’expression ».

Au nord de la capitale aussi, la censure est présente. Les locaux de la radio Tape Pyahu FM, ont été envahis par des agents de la Conatel « pour confisquer les équipements » parce que la radio serait « une radio pirate ». Pourtant, la radio jouit depuis plusieurs années d’une autorisation d’émission octroyée par l’administration de la Conatel. Au Sud, ce sont les radios Patria Soñada, et Nativa FM qui sont victimes d’intimidation. Les locaux de cette dernière ont déjà été saccagés ; après avoir aborder le sujet de la corruption.

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