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Une radio pour réconcilier la Centrafrique

lundi 6 juin 2016, par SIGNIS

Bambari, 6 juin 2016 (Internews/HuffingtonPost). A Bambari, en République centrafricaine, chrétiens et musulmans vivent ensemble depuis toujours. La ville est séparée en deux par la rivière Ouaka, qui est devenue, depuis l’apparition des conflits il y a trois ans, le symbole de la séparation sectaire. D’un côté les musulmans, de l’autre, les chrétiens. Cependant, un petit groupe a décidé de réconcilier tout le monde par la radio, avec l’aide d’Internews, une organisation sans but lucratif.

La radio est le média le plus facilement accessible de tous en RCA, vu la présence des conflits, de la pauvreté et d’un manque d’infrastructure. Mais toutes les stations de radio de Bambari ont été fermées à la fin de 2014, après une année de violences. Cependant, en février dernier, un groupe de personnes a décidé de recréer une station de radio : Lego Ti la Ouaka (qui signifie « La voix de Ouaka », en Sango, la langue locale).

« La station espère agir en sorte de pont au-dessus de la rivière, qui pourrait aider les gens à se réconcilier », a déclaré Mathias Manirakiza, le directeur d’Internews en RCA.

La voix de Ouaka émet tous les jours pendant deux heures. La plupart des programmes fournissent des informations pratiques, comme où recevoir de l’aide médicale ou comment communiquer des messages de paix et de cohésion sociale. « Ce sont des informations essentielles lors de situations de crise », a expliqué Marjorie Rouse, la vice-présidente des programmes d’Internews. « Les populations déplacées comptent sur les informations à propos de l’endroit où les conflits se passent lorsqu’ils doivent prendre des décisions concernant leur départ, pour savoir où et quand partir ainsi que où trouver de l’aide humanitaire ».

Des militants avaient accusés les anciennes stations de radio à Bambari de propager des messages de haine, donc les journalistes de La voix de Ouaka font désormais très attention à ce qu’ils disent.

La radio veut également être un modèle dans la manière de surmonter une séparation sectaire. L’équipe de six journalistes est composée de musulmans et de chrétiens. Le fait que la communauté ait élu un CA multiconfessionnel donne de l’espoir dans la résolution de la crise dans le pays.

Malheureusement, le futur de la radio est incertain : il y a peu d’électricité à Bambari, et la radio est alimentée par un générateur onéreux. Mais peu importe son avenir, Manirakiza estime qu’elle a déjà parcouru un long chemin : « nous pensions que la radio serait détruite en quelques mois, mais le fait qu’elle soit toujours là nous remplit de fierté », a-t-il déclaré.

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