- La Grande Bellezza
- Le Passé
- Cheba Louisa
- Mud, sur les rives du Mississipi
- Hannah Arendt
- Un mois de cinéma (avril 2013)
- La Sirga
- La Playa
- Le Premier homme
- La Belle endormie
- La Maison de la radio
- 11.6
- La Religieuse
- L’Artiste et son modèle
- Au Bout du conte
- Croire, aimer, douter : la rude vie des espions et des cinéphiles
- Aquí y allá / Ici et là-bas
- Un mois de cinéma (février 2013)
- Syngué sabour, pierre de patience
- Elefante blanco
- Hiver nomade
- Arrêtez-moi
- Aujourd’hui
- Zero Dark Thirty
- Un mois de cinéma (janvier 2013)
- Blancanieves
- Django Unchained
- "Les baobabs ne poussent pas en hiver" : A la recherche de la rédemption
- Comme un lion
- Une Estonienne à Paris
- L’Homme qui rit
- L’Odyssée de Pi
- Un mois de cinéma (décembre 2012)
- Ernest et Célestine
- Les Bêtes du sud sauvage
- Tabou
- Au-delà des collines
- Un mois de cinéma (octobre 2012)
- La Chasse
- Le Jour des corneilles
- Rêve et silence
- Amour
- César doit mourir
- La Pirogue
- Dans la maison
- Quelques heures de printemps
- Reality
- Un mois de cinéma (septembre 2012)
- Le Magasin des suicides
- Captive
- Ombline
- Camille redouble
- Mobile Home
- La Vierge, les coptes et moi
- Cherchez Hortense
- Les Enfants loups : Amé et Yuki
- Un mois de cinéma (août 2012)
- Superstar
- Voie rapide
- Rebelle
- La Nuit d’en face
- Laurence Anyways
- Faust
- Holy Motors
- La Part des anges
- Adieu Berthe - l’enterrement de mémé
- Un mois de cinéma (mai 2012)
- Couleur de peau : Miel
- Le Grand soir
- Sur la route
- De Rouille et d’os
- Miss Bala
- Un mois de cinéma (avril 2012)
- Le Fils de l’autre
- Viva Riva !
- I Wish, nos voeux secrets
- Low Life
- La Terre outragée
- Les Adieux à la reine
- Entre les Bras, la cuisine en héritage
- 38 témoins
- Un mois de cinéma (février 2012)
- Elena
- Oslo, 31 août
- La Mer à boire
- La Vie d’une autre
- La Taupe
- Zarafa
- Un mois de cinéma (janvier 2012)
- Brueghel, le moulin et la croix
- Une Bouteille à la mer
- Detachment
- Sur la planche
- Les Chants de Mandrin
- The Descendants
- La Colline aux coquelicots
- Une Vie meilleure
- Corpo celeste
- Le Havre
- Des vents contraires
- Le Tableau
- Un mois de cinéma (décembre 2011)
- Carnage
- Je m’appelle Bernadette
- Toute ma vie (en prison)
- Toutes nos envies
- L’Ordre et la Morale
- Les Neiges du Kilimandjaro
- Intouchables
- Il était une fois en Anatolie
- Europolis
- Poulet aux prunes
- L’Exercice de l’état
- Hors Satan
- Oxygène
- De Bon matin
- Les Hommes libres
- Un mois de cinéma (septembre 2011)
- La Fée
- Et Maintenant on va où ?
- Habemus papam
- La Guerre est déclarée
- La Piel que habito
- Impardonnables
- This Must be the Place : prix oecuménique à Cannes
- Melancholia
- Super 8
- Lourdes
- Un mois de cinéma (juin 2011)
- Pater
- Omar m’a tuer
- Une Séparation
- Le Chat du rabbin
- Le Gamin au vélo
- The Tree of Life
- L’Oeil invisible
- La Ballade de l’impossible
- Un mois de cinéma (avril 2011)
- All That I Love
- Tomboy
- Rabbit Hole
- Tous les soleils
- "Voyage à Alger" : Un drame dès l’aube de l’indépendance
- Haevnen/Revenge
- Un mois de cinéma (février 2011)
- Ma Part du gâteau
- La Permission de minuit
- Correspondances
- Avant l’aube
- The Hunter (Le Chasseur)
- La Bella gente, les gens bien
- Qui a envie d’être aimé ?
- Morgen
- Le voleur de lumière
- Un mois de cinéma (Janvier 2011)
- La Femme aux 5 éléphants
- Histoires de Shanghai, I Wish I Knew
- Africa United
- Même la pluie
- Bas-fonds
- De Silence et d’amour
- Un mois de cinéma (Décembre 2010)
- Another Year
- Le Dernier voyage de Tanya
- Le Président
- Home for Christmas
- Le Secret de Chanda
- Mon Pote
- Un mois de cinéma (Novembre 2010)
- Le Nom des gens
- Fix Me
- Potiche
- Nostalgie de la lumière
- La Princesse de Montpensier
- Biutiful
- La Vénus noire
- Un mois de cinéma (Octobre 2010)
- Amenez les enfants au cinéma !
- Mystères de Lisbonne
- Illégal
- Entre nos mains
- The Company Men : Un regard d’Hollywood sur la crise économique et la famille
- Un Homme qui crie
- Miel
- Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)
- Un Poison violent
- L’Italien
- Carlos
- Tournée
- les Mains libres
- L’Illusionniste
- Marga
- Des hommes et des dieux
- Summer Wars
- Copie conforme
- Policier, adjectif
- Femmes du Caire
- Lola
- Tengri, le bleu du ciel
- Mammuth
- Le Mariage à trois
- Adèle Blanc-Sec
- Ajami
- Les Invités de mon père
- Tout ce qui brille
- Soul Kitchen
- Eastern Plays
- La Rafle
- Fleur du désert
- Harragas
- Liberté
- C’est ici que je vis
- Fantastic Mr. Fox
- 12
- Le Temps des grâces
- Invictus
- Lebanon
- Théorème
- Une Petite zone de turbulence
- Gainsbourg (vie héroïque)
- Mr. Nobody
- Une Vie toute neuve
- Tetro
- Avatar
- Kérity, la maison des contes
- Qu’un seul tienne et les autres suivront
- La Religieuse portugaise
- La Route
- Hadewijch
- Capitalism, a Love Story
- Inland
- L’Imaginarium du docteur Parnassus
- Le Concert
- Micmacs à tire-larigot
- Le Ruban blanc
- Mademoiselle Chambon
- Mères et filles
- Mary et Max
- L’Affaire Farewell
- London River
- L’Armée du crime
- A propos d’Elly
- Non ma fille, tu n’iras pas danser
- Un Prophète
- Le Temps qu’il reste
- La Camara oscura
- Là-haut
- Adieu Gary
- Après l’océan
- Le Hérisson
- Whatever Works
- Fais-moi plaisir !
- Amerikka
- Jaffa
- Looking for Eric
- Etreintes brisées
- Anges et démons
- La Femme sans tête
- Soeur Sourire
- Still Walking
- Adoration
- Un été italien
- Ne me libérez pas... je m’en charge
- Tokyo Sonata
- Chrigu, chronique d’une vie éclairée
- Welcome
- Bellamy
- Boy A
- Brendan et le secret de Kells
- Puisque nous sommes nés
- Pour un instant, la liberté
- Walkyrie
- Slumdog millionaire
- Les Trois singes
- Frozen River
- Il Divo
- Louise-Michel
- Les plages d’Agnès
- Mascarades
- Mia et le Migou
- Hunger
- Aide toi, le ciel t’aidera
- Musée haut, musée bas
- Stella
- Les bureaux de Dieu
- La vie moderne
- Un conte d’été polonais
- Le crime est notre affaire
- La fièvre de l’or
- Premières neiges
- Entre les murs
- C’est dur d’être aimé par des cons
- Dans la ville de Sylvia
- Cherry Blossoms
- Comme les autres
- Be Happy
- La famille, de retour dans le cinéma français
- Versailles
- Un millier d’années de bonnes prières
- Le premier jour du reste de ta vie
- Lake Tahoe
- Le bruit des gens autour
- Les sept jours
- Valse avec Bachir
- Phénomènes
- La soledad
- Un conte de Noël
- Et puis les touristes
- Des temps et des vents
- Deux jours à tuer
- Les citronniers
- In Memoria di me
- Désengagement
- Lady Jane
- Disco
- La Zona, propriété privée
- Dans la vie
- Il y a longtemps que je t’aime
- Les toilettes du pape
- L’heure d’été
- Algérie, histoires à ne pas dire
- Le cahier
- Paris
- La jeune fille et les loups
- Juno
- Le Bannissement
- Elle s’appelle Sabine
- Promets-moi
- Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme
- 4 minutes
- L’île
- It’s a free World
- XXY
- La visite de la fanfare
- La graine et le mulet
- Le renard et l’enfant
- Le Chaos
- "La boussole d’or" : communiqué officiel de SIGNIS
- Dans la vallée d’Elah
- Lumière silencieuse
- My Blueberry Nights
- Les toits de Paris
- De l’autre côté
- Secret Sunshine
- L’ennemi intime
- 4 mois, 3 semaines et 2 jours
- Ben X
- Harry Potter et l’ordre du Phénix
- Delirious
- Persepolis
- Still life
- Jesus Camp
- Golden Door
- Le mariage de Tuya
- La môme
- Le grand silence
- Agua
- La Nativité
- The Road to Guantanamo
- Le vent se lève
- Ô Jerusalem
- Indigènes
- Buenos Aires 1977 (Crónica de una Fuga)
- Le destin (El destino)
- C.R.A.Z.Y.
La Terre outragée
(de Michale Boganim, Ukraine/Pologne/France, 2011. Prix du public au Festival premiers plans d’Anger)
Lyon, 28 mars 2012 (Magali Van Reeth) - A mi-chemin entre la fiction et le documentaire, sautillant entre le bonheur passé et l’espérance brisée de l’avenir, une évocation poignante du drame de Tchernobyl.
Jusqu’en avril 1986, les habitants de la petite ville de Pripiat en Ukraine vivaient heureux et insouciants à l’ombre d’une centrale nucléaire. C’était la grande époque de l’Union soviétique où, sur d’immenses panneaux publicitaires, s’étalait cette phrase de Lénine : "le communisme, c’est le pouvoir soviétique, plus l’électrification de tout le pays". Paysans, ouvriers et soldats, repus de propagande, vivaient heureux et insouciants sur la terre de leurs ancêtres.
Le drame de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl est évoqué à travers le personnage d’Anya. Plus qu’un film militant sur les dangers du nucléaire, La Terre outragée utilise les ressorts de la fiction pour dire la souffrance de ceux qui ont vécu cette catastrophe de l’intérieur. Incompréhension face à l’ampleur du danger, incrédulité, perte d’un être aimé, de son logement, de ses repères et de sa santé, c’est à travers la douleur intime que l’histoire est racontée.
Jeune femme de Pripiat, la ville la plus proche de la centrale, Anya prépare son mariage. Autour d’elle, les habitants semblent vivre un printemps simple et sans histoire particulière. On va à la pêche, on lave son linge dans la rivière, on nettoie les ruches, on sort les vaches dans le pré. Vision quasi idyllique d’une époque révolue, si ce n’était cette masse de béton et de fer qui fait un peu tâche dans le paysage et induit, dès les premières images du film, une inquiétude sourde. Et le 26 avril, Anya se marie avec le jeune homme qu’elle aime. Elle porte une belle robe blanche, on fait la fête sous une bâche. Le jeune marié est appelé en urgence pour éteindre un incendie et Anya ne le reverra jamais. Après quelques jours d’incompréhension et de panique, tous les habitants sont évacués et la zone est fermée.

Au-delà des risques sanitaires, ce qui frappe dans le film, c’est l’attachement au lieu qui pousse certains à rester, d’autres à y revenir, malgré les risques. Dès qu’une partie de la zone interdite est rouverte en 1996, Anya revient pour y être guide mais on sent surtout chez elle une impossibilité à quitter définitivement ce lieu, comme s’il était une part d’elle-même qu’elle oublierait alors. Une attirance morbide pour le bonheur d’une vie passée qui rend impossible tout futur. L’ancien garde-forestier lui a carrément refusé de partir et consomme avec gourmandise sa nouvelle récolte de pommes. Enfin, à cause d’un contexte économique dramatique, des familles entières de clandestins entrent illégalement dans la zone interdite (et contaminée) pour investir des fermes abandonnées et s’y installer. La radioactivité, qu’on ne voit pas, qu’on ne sent pas, niée par les gouvernements de l’époque, est aujourd’hui ignorée par des individus qui n’ont pas d’avenir ailleurs.
Le film est tourné au plus près de la zone interdite, dans cette ville de Pripiat, amas de ruines en béton où la végétation sauvage envahit l’espace que les habitants ont dû fuir. Un lieu propice aux fantômes, à la désolation, qui évoque le gâchis et la démolition. Démolition des murs qui se fissurent faute d’entretien mais surtout démolitions des êtres irradiés et des survivants qui ne sont plus que les ombres de leur jeunesse saccagée. A l’image d’Anya, dont le corps s’étiole peu à peu mais qui revient toujours vers ces lieux maudits, incapable de partir.
Michale Boganim est une jeune réalisatrice israélienne, née en Ukraine et ayant longtemps vécu en France. Cette notion d’attachement à un lieu, et donc la conscience d’une perte irrémédiable, lui est familière. La Terre outragée est un film doublement nécessaire. Il évoque la catastrophe de Tchernobyl et les dangers de l’industrie nucléaire mais aussi ceux de la nostalgie : "On a été heureux là-bas...", faut-il pour autant se tuer à y revenir ?






