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Numéro Une

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(de Tonie Marshall. France, 2016, 1h50. Avec Emmanuelle Devos, Suzanne Clément, Francine Bergé, Samy Frey, Benjamin Biolay, Richard Berry.)   23 octobre 2017 (Magali Van Reeth) – Avec des accents de thriller politique, le nouveau film de Tonie Marshall montre que, même dans les sociétés occidentales, il est difficile pour une femme d'accéder aux postes de pouvoirs, où se prennent vraies les décisions.   Elle est sympathique Emmanuelle Blachey, la quarantaine élégante, essayant de concilier au quotidien ses responsabilités de chef d'entreprise et mère de famille, tout en révisant son chinois et en faisant un peu de sport. Elle n'est pas une activiste féministe mais elle connaît les écueils de son parcours brillant, dans sa vie professionnelle et sa vie de couple. Elle connaît aussi les humiliations, volontaires ou non, des hommes qu'elle côtoie dans le monde du travail et à l'extérieur. Lorsqu'elle est approchée par un réseau de femmes influentes et militantes, pour prendre la tête d'une grande multinationale, elle est d'abord sceptique.   La réalisatrice construit son film avec une distribution judicieuse. Emmanuelle Devos incarne naturellement son personnage. Elle est aussi à l'aise dans la chambre d’hôpital où elle retrouve son père et le milieu modeste dont elle est originaire, qu'aux réception à l'Opéra où il faut se montrer dans des robes aux coupes contraignantes, comme sur le chemin de l'école avec sa fille où elles déclament des vers d'Edmond Rostand (un maître quand il s'agit de personnages complexes et de faire mouche à la fin de l'envoi...). Francine Bergé et Suzanne Clément sont les têtes pensantes et actives du réseau de femmes voulant transformer la société en aidant les femmes à accéder au pouvoir, alors que Richard Berry et Benjamin Biolay conspirent pour le garder entre eux.       Si le scénario a par moments des accents de thriller, la fiction s'ancre dans des scènes pertinentes et réalistes. Comme ces petits gestes où un homme se permet de poser la main sur la jambe d'une femme assise à ses côtés. Quand ce ne sont pas ces paroles odieuses qui ne font rire que ceux qui les prononcent et qui sont une réelle humiliation pour celles qui les entendent. Lors du dîner avec les clients chinois, Emmanuelle Blachey sait pertinemment qu'elle gagne un contrat autant par sa grande connaissance de leur culture que par son charme. Et lors de la sortie sur la plate-forme en mer, c'est encore la finesse de son intuition qui lui permet de gagner la confiance des ouvrières.   Comme dans la vraie vie, il y a aussi de beaux personnages masculins, notamment le mari et le père d'Emmanuelle. Le premier la soutient avec une constance et un amour véritable qui permet la confrontation. Et son père, ancien professeur, a une relation très tendre et très dense avec sa fille. Eloigné du grand monde de la finance internationale et des cercles politiques, il est celui qui permet à Emmanuelle de rester en contact avec la simple réalité ordinaire. Loin d'être une charge militante, Numéro Une est un film prenant autour des magouilles et des mentalités archaïques des cercles de pouvoirs, politiques et économiques.   Magali Van Reeth
Média animation analyse la stigmatisation des femmes dans les médias et la culture populaire

Média animation analyse la stigmatisation des femmes dans les médias et la culture populaire

Bruxelles, 19 octobre 2017 (Media animation). Ces derniers jours, les réseaux sociaux sont envahis par les “hashtags” #MoiAussi, #MeToo et #BalanceTonPorc. Ces hashtags appellent les femmes du monde entier à s’exprimer sur les agressions sexuelles qu’elles ont subies dans leur vie, professionnelle ou personnelle. Des centaines de milliers de témoignages pleuvent sur les réseaux sociaux, et montrent l’ampleur du phénomène : les femmes sont, de manière quotidienne agressées, insultées, ou harcelées. L’une des raisons de ces harcèlements est que, pour beaucoup d’hommes, ils pensent que leurs actes sont anodins. Ils ne réalisent pas qu’en « sifflant simplement » une fille dans la rue, ils la traitent comme un objet. Qu’en « effleurant juste » les cuisses d’une femme dans le métro, ils l’agressent. La réaction des hommes est également liée à la représentation des femmes dans les médias : en effet, la société masculine s’impose dans les médias de divertissement, alimentés par bien des clichés et stéréotypes sur les femmes. C’est dans ce contexte que Média animation, membre belge francophone de SIGNIS, lance le projet « Pop Modèles ». Quelle est l’image des femmes dans les médias populaires ? Cette question sert de fil rouge à « Pop Modèles » et se décline en sept clips, sept analyses … et sept questions : Comment les femmes sont-elles représentées dans la publicité ? Quel rôle jouent-elles dans le cinéma de guerre ? Quels clichés banalisent la culture du viol ? En quoi les princesses Disney témoignent-elles des rapports de genre et de leur évolution ? Quelle place Hollywood accorde-t-il aux héroïnes du cinéma ? L’usage des avatars masculins ou féminins modifie-t-il l’expérience des jeux vidéo multijoueurs ? Comment les clichés sexistes du Hip-Hop peuvent-ils être réappropriés par les artistes féminines ? En tentant de répondre à ces questions, « Pop Modèles » produit une réflexion d’éducation aux médias portant sur la stigmatisation des femmes, pour tenter de contribuer à l’évolution des relations de genre, sinon des genres eux-mêmes. Retrouves les analyses et vidéos sur www.popmodeles.be Pop Modèles – La stigmatisation des femmes dans la culture médiatique populaire est un projet réalisé par Média Animation dans le cadre du programme Alter Égales soutenu par la Ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, de l’égalité des chances et des Droits des femmes de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du Ministère de la Communauté française — Service Éducation permanente.