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L'Eglise organise une conférence sur la dignité des enfants dans le monde numérique

L'Eglise organise une conférence sur la dignité des enfants dans le monde numérique

Rome, 5 octobre 2017 (La Croix/Nicolas Senèze). Un important colloque sur la dignité des enfants dans le monde numérique se tient actuellement à l’Université pontificale grégorienne, à Rome. Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a ouvert mardi soir 3 octobre le congrès international sur la dignité des enfants dans le monde numérique organisé à Rome par le Centre pour la protection de l’enfance (CCP) de l’Université pontificale grégorienne. Le « numéro 2 » du Vatican a souligné que « l’expérience tragique » des abus sexuels dans l’Église, qui « a mis en avant des faits extrêmement graves » lui a aussi permis d’« être beaucoup plus consciente du préjudice subi par les victimes, de leur souffrance et de leur besoin d’être écoutées ». « Nous voulons partager l’expérience que nous avons acquise, pour qu’elle puisse servir à un bien toujours plus grand, en collaboration avec vous », a affirmé le cardinal à un parterre de diplomates, responsables policiers, chercheurs et dirigeants d’entreprises technologiques qui participent jusqu’à vendredi à ce colloque. « Nous sommes engagés dans la sauvegarde des enfants et nous voulons nous associer à d’autres car les enjeux sont trop élevés pour n’avoir qu’un seul joueur sur le terrain », a expliqué le jésuite Hans Zollner, président du CCP et vice-recteur de la Grégorienne qui a témoigné « entendre aussi cet écho des gouvernements, de l’industrie du sport, du système éducatif, des fournisseurs d’accès Internet » qui, tous, disent « le problème est trop grand, quelqu’un doit agir ». Le but de ce colloque, auquel participent plusieurs ministres et des responsables des grandes entreprises du Web comme Facebook, Google ou Microsoft, est donc de rassembler des acteurs très différents pour élaborer une véritable stratégie de lutte contre les abus dont sont victimes les enfants sur Internet et de souligner l’urgence du problème. « Dans le milieu d’Internet, on croit communément que les produits que nous aimons et utilisons sont naturellement bons », a expliqué Joanna Shields, ancienne dirigeante de Google puis de Facebook. « Mais le mal a accès aux mêmes outils technologiques que nous et, quand ces produits permettent de se connecter au monde entier, on peut tout autant se connecter avec des gens biens comme avec des gens mauvais », a insisté celle qui est aujourd’hui sous-secrétaire d’État britannique à la sécurité sur Internet. Selon les organisateurs du colloque, l’approche interdisciplinaire devrait permettre de faire émerger des solutions « qui ne peuvent plus être mises en place par une seule entreprise, un seul pays, une seule ONG », a expliqué Ernie Allen, responsable de WeProtect, une grande organisation de protection de l’enfance et qui met en cause l’Internet clandestin créé à l’origine pour les dissidents politiques et aujourd’hui paradis des criminels. Comme l’a relevé le cardinal Parolin, « les enfants sont exposés à de nouveaux risques, ou plus d’anciens risques qui se manifestent d’une nouvelle manière et la culture de protection des mineurs que nous voulons développer doit être capable d’affronter les problèmes d’aujourd’hui ». En marge de l’événement, le secrétaire d’État du Saint-Siège est aussi revenu sur l’affaire de ce diplomate du Saint-Siège en poste à Washington et rappelé à Rome à la suite d’une affaire de pédopornographie. « Nous traitons l’affaire avec le maximum de sérieux, le maximum d’engagement et le maximum d’attention », a commenté le cardinal Parolin à propos de « cet événement douloureux ». Le pape François doit recevoir vendredi 6 octobre les participants à ce colloque.  
 L’Allemagne vote une loi obligeant les réseaux sociaux à supprimer les contenus haineux

L’Allemagne vote une loi obligeant les réseaux sociaux à supprimer les contenus haineux

Berlin, 4 juillet 2017 (Le Monde). L’Allemagne vient de voter une loi obligeant les réseaux sociaux à supprimer les contenus haineux. Les parlementaires allemands ont adopté ce texte qui contraint les plateformes à supprimer ces contenus en vingt-quatre heures. Ils s’exposent sinon à une amende de 50 millions d’euros. Plusieurs pays envisagent d’obliger les réseaux sociaux à se montrer plus efficaces dans la modération des contenus. L’Allemagne menaçait les réseaux sociaux de légiférer depuis plusieurs mois : la première étape a désormais été franchie. Vendredi 30 juin, les parlementaires allemands ont voté une loi imposant à ces plateformes de supprimer certains contenus moins de vingt-quatre heures après leur signalement par les internautes. Le texte concerne les propos racistes ou antisémites, les incitations à la haine, la propagande terroriste, la pédopornographie mais aussi les fausses informations. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 50 millions d’euros. La loi prévoit aussi la possibilité de condamner la personne nommée responsable de ce sujet dans l’entreprise, jusqu’à 5 millions d’euros. Qui plus est, ces plateformes devront fournir, tous les six mois, un rapport sur le nombre de signalements reçus et la façon dont elles les ont traités. Cette loi doit encore être approuvée par la chambre haute du Parlement avant d’entrer en vigueur. Inquiétudes pour la liberté d’expression L’Allemagne, dont la loi condamne déjà fortement les appels à la haine, les menaces et la diffamation, a vu déferler ces derniers mois sur les réseaux sociaux des messages racistes et haineux liés au contexte migratoire et aux attentats. L’inquiétude a grandi après l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, qui a aussi fait émerger un débat sur l’influence des fausses informations, massivement partagées sur les réseaux sociaux. Une question qui inquiète l’Allemagne, à quelques mois des élections législatives de septembre. Dans un communiqué, Facebook a estimé que la loi allemande, si elle entrait en vigueur, n’allait « pas améliorer » la situation, évoquant « une absence de consultation qui ne fait pas justice à l’importance du sujet ». « Nous continuerons à faire tout ce que nous pouvons », a affirmé l’entreprise, en rappelant qu’elle embauchait 3 000 personnes supplémentaires dans son équipe de modération, jusqu’ici composée de 4 500 personnes. La question est complexe : si certaines associations de défense des minorités se réjouissent de cette loi, d’autres critiquent le fait que l’on délègue à des entreprises privées l’application de la censure, et redoutent une atteinte à la liberté d’expression. « Les menaces de mort et les insultes, l’incitation à la haine ou la négation de l’Holocauste ne font pas partie de la liberté d’expression, estime de son côté le ministre de la justice allemand, Heiko Maas, à l’origine de ce texte. Elles constituent au contraire une atteinte à la liberté d’opinion d’autrui. » La première ministre britannique veut légiférer D’autres pays envisagent, eux aussi, de légiférer. Theresa May, la première ministre britannique, a fait savoir qu’elle souhaitait que les géants du Web puissent être condamnés à de lourdes amendes s’ils ne supprimaient pas rapidement les contenus extrémistes. Mais mercredi dernier, lors d’une conférence sur le terrorisme et les réseaux sociaux, le nouveau contrôleur indépendant de la législation antiterroriste, récemment nommé par le gouvernement britannique, également conseiller de la reine, a fermement critiqué cette idée : « Je ne vois pas en quoi cela pourrait aider que notre Parlement criminalise les responsables des entreprises tech qui “n’en font pas assez”. Quelle est la sanction appropriée ? Nous ne vivons pas en Chine, où l’Internet peut tout simplement être coupé chez des millions de personnes si le gouvernement le décide. Notre société démocratique ne peut pas être traitée de cette manière. » Dans des propos rapportés par le Times, Max Hill craint aussi que ce type de législation agace les géants du Web et les éloigne des autorités, alors même que leur coopération sur ces sujets lui paraît indispensable. Il redoute également que les contenus problématiques finissent par être publiés sur d’autres réseaux plus obscurs, compliquant le travail des services de renseignement et des enquêteurs.