Du 7 au 8 novembre, des ateliers professionnels portant sur la télévision, la radio, l'Internet, l'éducation aux médias et le cinéma ont mobilisé près de 200 communicateurs, dans le cadre du Congrès Mondial de SIGNIS.

Plus que des réunions de travail ou des formations techniques, les ateliers se voulaient un lieu de mise en commun d'idées, d'échange d'expériences, voire de productions. Les interventions étaient souvent accompagnées d'un support audiovisuel : extraits d'une production originale ou clips promotionnels d'une institution.

Il existe une grande diversité en termes de ressources auxquelles ces professionnels ont accès. Alors que certains oeuvrent au sein de compagnies plus ou moins importantes et bien équipées, d'autres, comme la Sœur Carmen Dasko Williams de Micronésie, sont des artisans travaillant seuls ou presque, et n'ayant pas accès à un matériel moderne.

L'atelier de télévision accueillait le plus grand nombre de participants, producteurs et responsables de chaînes. « Nous sommes victimes de notre succès ! », plaisanta l'organisateur de l'atelier, Robert Molhant, suggérant de barricader les portes.

Il s'agissait d'offrir aux producteurs l'occasion d'échanger, de vendre et d'acheter leurs programmes les plus récents, ou encore de solliciter des co-productions. Marcelo Mejía, directeur de Producciones Don Bosco et président de SIGNIS-Equateur, a vendu tous les programmes avec lesquels il était venu. Mais il est aussi tombé en arrêt devant deux séries italiennes pour enfants, produites par Nova-T, qu'il a achetées à son tour.

La projection du deuxième pilote du magazine international « SIGNS », était le clou de cet atelier. Ce pilote est né d'une collaboration entre six producteurs ((Jerry Martinson, S.J. de Kuanchi Program Service, Deiren Masterson de Salt and Light Television, Peter Thomas, Larry Rich de Maryknoll Productions, Anca Berlogea, et Silvia Constantini pour SAT 2000). Il s'agira de la première production de cette envergure à porter le nom de SIGNIS.

Avec la présence de plus de 30 responsables de réseaux de radio, l'atelier de radio a lui aussi été victime de son succès. Devant le nombre et la diversité linguistique des participants, il a dû migrer vers une autre salle.

Anamaría Rodriguez, présidente de l'OCLACC, a évoqué les difficultés à coordonner les 250 stations de radio catholique qui émettent à partir de toutes les régions de Colombie, un territoire dans lequel la violence armée fait partie de la vie quotidienne et où les journalistes sont sous la menace permanente de la guérilla et des groupes paramilitaires. Parmi ces difficultés, elle a particulièrement identifié la formation du personnel dans les régions les plus reculées du pays, et la combinaison de la publicité sur l'antenne et des valeurs éthiques véhiculées par la radio.

Quelques salles plus loin se déroulait l'atelier Internet. Angela Ann Zukowski, professeur à l'Université de Dayton (Etats-Unis) et dernière présidente d'Unda, y expliquait que les étudiants étaient nombreux à abandonner les cours en ligne à partir de la cinquième semaine ; d'où sa suggestion de limiter la durée des modules au « nombre magique 5 ». Elle a également exposé ses idées sur la manière dont les « E-étudiants » pourraient s'investir d'une manière plus personnelle dans ces programmes éducatifs.

Le symposium international sur l'éducation aux médias était bien organisé et offrait une grande variété de perspectives sur un domaine de la communication qui gagne rapidement en popularité. Dans certaines parties du globe comme l'Europe ou l'Amérique latine, l'éducation aux médias est de plus en plus présente dans les universités et prise en compte de manière presque systématique dans les programmes de cours des écoles publiques.

A l'atelier de cinéma, les présentations des participants ont été suivies par un intéressant exposé sur la représentation de la femme dans le film de Mel Gibson « La Passion du Christ ». Responsable du cinéma au sein du secrétariat général, Guido Convents a expliqué pourquoi SIGNIS s'investit autant pour la présence de jurys dans les festivals du film. Il a également livré un petit historique sur la présence de jurys indépendants dans les festivals les plus renommés, une tradition à laquelle SIGNIS participe depuis près de 60 ans. Les efforts de l'organisation dans ce domaine vont plus loin que la remise de prix. C'est ainsi qu'on a appris comment le travail de SIGNIS avait joué un rôle essentiel dans la reconnaissance des festivals de cinéma africains.

Bien sûr, ces deux jours d'ateliers professionnels étaient trop courts pour présenter tout ce que les membres de SIGNIS ont à partager. La diversité des projets, des contextes culturels et des formes de communication qui étaient réunis à cette occasion était extraordinaire. Il va de soi que la qualité des productions et leurs points de vue varient amplement. Mais ce que ces professionnels de la communication ont en commun, c'est une véritable passion pour leur travail, et des histoires passionnantes à raconter.


Joseph Bamat Román - Correspondant de Paix de SIGNIS